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Quel modèle de société ?

Quatre modèles de société

La mise en question du modèle de société dans notre pays est de plus en plus patente. Différents rapports sur l’intégration en sont des analyseurs. Deux modèles sont d’ores et déjà en conflit, l’universalisme républicain et le différentialisme.

Le modèle rationnel. L’universalisme Républicain est devenu une prétention exorbitante au point de vouloir s’imposer au monde entier. Justifié par une interprétation opportuniste des Lumières et de la Raison il fait de la rationalisation de la cité un idéal. Seulement une organisation rationnelle tutélaire y exerce le pouvoir : l’Etat. En fait c’est une oligarchie élitiste qui gouverne à partir de ses bonnes Raisons, et de son monopole de la détermination et du jugement de l’intérêt général. Cet universalisme de la raison supérieure réduit ce qui fait la singularité de chaque être humain et chaque communauté culturelle à ses normes, uniformes. C’est donc là un anti-humanisme qui fait de l’accessoire, la raison, l’essentiel et de l’essentiel de l’humanité en l’homme une tare à éliminer… C’est pour cela que l’émancipation de toute origine et racine culturelle, familiale et religieuse, leur éradication est posée publiquement comme finalité de l’école et le conditionnement normatif aux productions de la raison comme la méthode de formatage et de sélection des élites. Cet universalisme abusif crie au loup dès qu’il faut prendre en considération quelque différence non dûment rationalisée. Ce projet est toujours à l’oeuvre au nom de l’égalité, une « valeur » dénuée de rigueur conceptuelle en l’occurrence. Dans ce modèle il y a la société civile, une société inférieure, sous tutelle y compris ses prétentions démocratiques. C’est le terreau sur lequel prélever des ressources, exercer un contrôle normatif, ruser avec les passions, justifier ses fonctions propres, et jouer avec des libertés fantasmées conçues comme accès aux droits distribués par l’Etat et sous son contrôle. Les étrangers sont invités à se fondre dans cette société civile et toute communauté est suspecte ce qui fait que le lien social est sous la dépendance de l’Etat et la foule de ses structures intermédiaires et associations en mission de service public c’est-à-dire de l’Etat. On notera que l’assistanat est indispensable pour tenir en dépendance la société civile, qu’elle soit bénéficiaire ou ponctionnée, ou les deux.

Le modèle passionnel. Le différentialisme. La révolte contre le système précédent se fait au nom des différences et de la conflictualité attachée à leurs revendications ou leur défense. Les hommes sont identifiés à leurs passions et leurs rapports de force justifiés par des différences apparentes forcément inégalitaires. Chaque groupe s’identifie à la défense de ses intérêts et leur légitimité historique. Celle-ci vient de l’oppression des autres groupes, alliés quelques fois dans quelque conflit mais adversaires par réduction aux différences patentes et leurs conflits existentiels. A certains d’origines étrangères on donnera un pouvoir d’agir qui serait plutôt « pouvoir de réagir contre »… les autres. D’autres verront dans le multiculturalisme une menace pour leur identité propre pendant que d’autres le revendiquent. D’autres encore, réunis en groupes d’intérêts corporatistes chercheront à gagner contre tous les autres. Des communautés d’identité défensive alimenteront le fameux communautarisme par leur intégrisme ethnique, religieux, philosophique ou même économique. Le régime des passions est aussi celui du populisme. On notera que le peuple est appelé à se révolter contre l’oppression désignée, celle des autres qui n’en font pas partie. De ce fait les « milieux populaires », le peuple de gauche ou de droite, sont convoqués à cette résistance ou cette révolte en solidarité avec d’autres communautés discriminées avant de combattre contre leurs prétentions. Des mouvements comme le féminisme, le LGBT, les ex colonisés, les antirascistes ostracistes, les racistes exclusifs, alimentent un populisme généralisé ou chacun se juge l’opprimé de l’autre et légitime ainsi sa défense et ses attaques. Ce modèle de société qui a eu ses heures de gloire avec la lutte des classes et les conflits mondiaux du siècle dernier reste toujours agissant, celui de tous contre tous, de l’autre comme menace. C’est l’un des modèles jugé réactionnaire par le modèle universaliste étatique dit républicain.

Mais ces deux modèles ouvrent sur une autre alternative décisive, la voie de la facilité ou la voie de l’exigence humaine.

Le modèle naturel. Les lois de la nature des choses régissent les affaires humaines croit-on. Alors n’ayant de cesse de dénoncer les atteintes de l’homme à la nature par tous les actes de civilisation et de progrès matériel consommatoire, le retour au naturel est le leitmotiv d’une néo modernité. Vie naturelle, empreinte minimale, respect des besoins naturels et des comportements instinctifs, valorisation de l’enfance et des âges premiers, bons sentiments, relations spontanées, sont autant de critères de bonne conscience où la biologie fait figure de sacré. La vie est un jeu que les autres sont invités à partager. Mais la nature des choses s’exprime aussi dans les lois scientifiques, sociologiques, technologiques même. Dès lors de nouveaux modes de vie respectueux des évolutions biologiques, bio technologiques, d’une économie naturelle dans ses lois et ses productions durables intègrent aussi des relations dégagées de morales et d’exigences qui n’ont pas lieu d’être selon la nature des sentiments et des besoins ressentis. Ce modèle qui s’exprime dans des milieux de proximité ou dans des mouvements mondialisés, dans le local et le global, rejoint le rapport quasi religieux à la terre et à la planète reliées par des systèmes qui tissent les liens d’un transhumanisme, ou d’un post humanisme pour d’autres. La conscience comme évidence collective, se débarrasse des exigences et des disciplines de maîtrise de la nature et de la nature humaine et s’érige en éthique de la nature. Dès lors, au nom de la nature des choses ou des pulsions, toutes les monstruosités sont possibles. Rappelons-nous la place de l’éthique naturaliste dans le nazisme ou de l’éthique sociale égalitaire du stalinisme. Ce ne sont pas des accidents mais les conséquences d’un déni d’humanité.

Le modèle communautaire. La communauté de bienveillance veille au bien de chacun et au bien commun. Comment penser bien commun sans une communauté, une conscience collective, un Sens donné au bien commun qui soit le bien de tous parce que celui de chacun. Le bien humain est dans son devenir, ce que vivre veut dire qui n’est pas survivre. Veiller au bien ce n’est pas autre chose que veiller à ce devenir. Bienveillance nourricière, éducative, économique, politique telle est la responsabilité de chacun et le service qu’il reçoit de la communauté et des autres. Ainsi chacun est à la fois source de bienfaits pour la communauté selon ses potentiels et singularités et à la fois bénéficiaire de bienfaits de par la communauté et les autres. Mais chaque petite communauté est aussi membre de plus grandes et fait l’objet de bienveillance de même que l’on peut attendre sa bienveillance à l’égard de la communauté plus grande et ainsi jusqu’aux plus grandes, territoriales ou non. C’est ce qui permet la diversité culturelle, religieuse et l’altérité des personnes dans un rapport réciproque de bienveillance mutuelle au sein de communautés de devenir. Penser le rapport de bienveillance qui est un respect mais orienté vers un devenir commun et aussi singulier, amène à penser toutes ses formes et ses pratiques, ses degrés et ses déviances. La communauté de bien est donc la base de toute société et de toutes les affaires humaines lorsque le bien humain est le critère de valeurs et donc d’éthique c’est-à-dire un humanisme véritable. Le modèle communautaire n’est pas un angélisme puisque toujours à l’oeuvre au travers de toutes les affaires et les situations humaines. Il est cependant le seul capable de les réguler en rapport avec un Sens du bien commun associé au développement et l’accomplissement humain. Politique et démocratie, économie et activités, éducation et développement sont tous à penser et réaliser sous le régime de la bienveillance, non sans exigences de réciprocité. C’est bien sûr comme cela que doit être accueilli tout autre, nouveau né ou étranger, personne ou communauté.

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L’Europe et la Grèce, l’heure de vérité.

L’Europe est un noeud de civilisation, de civilisations même pour être dans l’actualité. «L’Europe est une confédération d’Etats réunis par l’idée commune de civilisation» (Ernest Renan 1870). La Grèce y est pour quelque chose avec la démocratie, la philosophie de l’être que la pensée juive et chrétienne ont complété en leur temps. Mais sait-on que le terme d’Europe aurait été employé en Grèce pour désigner les terres du nord considérées comme barbares. Pour la Grèce l’Europe c’est le pays des barbares. «Était … barbare celui qui au lieu de parler grec — de posséder le logos — faisait du bruit avec sa bouche.» http://fr.wikipedia.org/wiki/Barbare . C’est bien ce que certains doivent penser de ceux qui viennent de Bruxelles ou d’ailleurs.

Une analyse des cohérences culturelles de l’Europe ( http://journal.coherences.com/article424.html ) a mis en évidence la diversité des logiques culturelles de l’Europe, autant de façons de la concevoir et d’agir. Comment L’Europe peut-elle traiter la Grèce? La question se pose pour la Turquie ( http://journal.coherences.com/article195.html )

On peut donc envisager quatre versions selon les conceptions de l’Europe. Ces quatre versions combinent les attitudes essentielles de rapport à l’autre à l’autre nation notamment. Ouverture ou défiance, confrontation ou défense.

L’Europe des puissances et des affaires. Elle est constituée comme une coalition d’intérêts qui se font aussi la guerre comme cela a été le cas dans l’histoire. Confrontation et défiance tels sont les principes de cette Europe entre ses parties prenantes et le reste du monde. C’est bien un des jeux du moment où le souverainisme et l’anti-mondialisation conduiraient à ce que chacun reprenne la défense de ses intérêts, vaque à ses affaires. La Grèce d’aujourd’hui n’intéresse guère cette Europe

L’Europe des normes et de la monnaie unique. Son idéal c’est un Etat unique qui règlemente et administre. Ses principes sont l’ouverture aux autres (sans limites?) mais dans une attitude défensive qui enferme les différences dans le corset de la normalisation. Inutile de la décrire on la connait bien. La Grèce y a été intégrée comme tout le monde sans plus de respect de ses différences mais avec le jeu des apparences qui s’est effondré. Alors faut-il continuer à sauver les apparences de cette Europe? A quel prix pour la Grèce et pour l’Europe. L’important pour l’Europe c’est que la Grèce revienne dans les normes, de verrouiller un peu plus ses disciplines normatives. Pour l’instant pour les grecs c’est monnaie unique, monnaie inique.

L’Europe impérialiste forteresse assiégée. L’empire romain en passant par la chrétienté, jusqu’à Napoléon et Hitler, ont alimenté le rêve fantasmé d’une Europe dominatrice du monde. Cette Europe conjugue la défiance et la défense. Elle existe contre les menaces extérieures et intérieures. Aujourd’hui les ambitions prêtées à la Chine, l’Amérique, les pays émergents, les pays arabes, justifient la construction de cette forteresse sans laquelle nous serions évidemment écrasé. Le protectionnisme européen y trouve ses bases ainsi que la construction de barrières contre toutes les menaces y compris celles de l’immigration, de l’invasion par des produits étrangers et des religions. La Grèce constitue une brèche qu’il faut vite colmater parce qu’elle menace tout l’édifice.

L’Europe communauté de communautés. Ouverture et confrontation à l’altérité, conjugaison des différences, reconnaissance réciproques, projets communs, mosaïque de cultures, monnaies communes, tel serait le modèle multiculturel, multi-communautaire que l’Europe peut construire. Dans ce cas on pourrait aussi parler de fraternité européenne, fraternité des nations et des communautés qui ont choisi un destin commun. Cela permet à l’Europe de devenir un modèle dont l’intérêt est universel mais sans hégémonie, sans uniformité. Seulement il faudrait se mettre à penser une démocratie communautaire et multi-communautaire, une économie communautaire et multi-communautaire, une gouvernance communautaire et multi communautaire. ( http://journal.coherences.com/article406.html ) Nous sommes là dans la mouvance d’une mutation de civilisation qui inquiète tant les autres Europes. Nous sommes là dans une logique de refondations qu’appelle ce moment de l’histoire du monde. Restaurer la souveraineté communautaire, souveraineté responsable des enjeux communs, entre communautés qui s’engagent ensemble voilà de quoi intéresser et mobiliser les européens.

Alors pour la Grèce, d’abord la reconnaissance du meilleur de ses valeurs culturelles, de ses qualités, de ses talents, de ses potentiels. On pourrait le faire aussi pour tous les autres, une autre considération réciproque. Ensuite rechercher comment la Grèce peut remobiliser ses ressources et, retrouvant une nouvelle estime de soi, amorcer une nouvelle dynamique de développement. Le regard des autres et toutes les aides pour accompagner ce mouvement seront fructueuses tant pour la Grèce que pour l’Europe et chacune des communautés qui la constituent. Mais pour cela il faut une méthode, une philosophie, un Sens du bien commun un humanisme méthodologique.

Voir aussi «Le Sens du bien commun» éditions Temps Présent juin 2011.

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Que se passe-t-il? Pourquoi tant de haine?

Claude Guéant dit « Toutes les civilisations ne se valent pas »
François Bayrou dit « 2012 un choix de civilisation »

Comment pourrait-on choisir une civilisation si elles se valent toutes?

Tout cela reste dans la confusion morale et mentale si on ne cherche pas à approfondir une question qui est si cruciale au moment où la fin de l’hégémonie occidentale nous confronte à la multiplicité des cultures dans le monde et dans chacun de nos pays? Elle se trouve évidemment au coeur de la question européenne et partout dans le monde.

Pour les uns la différence est liée à la suprématie de la civilisation occidentale et ses origines identifiée à « La Civilisation » et le réflexe de défense est de type nationaliste. Pour les autres la différence tiens à l’universalisme intellectuel, moral et opérationnel de notre civilisation et singulièrement de la France et son Modèle Républicain qui rabaisse tout ce qui n’y sacrifie pas ou le conteste.

Paradoxalement pour ces derniers la question de la diversité des civilisations est insupportable puisqu’il n’y en a qu’une de véritable, la notre.

Mais alors comment expliquer cette dénonciation violente des propos de Claude Guéant par la gauche. C’est parce qu’elle est prise dans un noeud de contradictions radical et qu’il ne faut pas en soulever le couvercle. François Hollande nous dit « La France n’est pas le problème mais la solution ». C’est bien du modèle français identifié au Modèle Républicain qu’il s’agit. En réalité il ne s’agit que d’une certaine conception de la république française dont les valeurs ne sont pas liberté, égalité, fraternité mais leur interprétation opportuniste selon les trois principes: individualisme, rationalisme, matérialisme qui en sont les véritables fondements.

La liberté c’est ici l’individualisme du libéralisme moral, de la revendication d’un libre arbitraire, d’un relativisme pour qui tout se vaut et où la diversité d’apparence va avec une indifférenciation de fond. La revendication des mêmes droits pour tous quelques soient les différences, réduites aux apparences va avec la libre affirmation des égos et des comportements dans la mesure où il n’y a pas d’altérité véritable. Le jeu des apparences et donc des masques et des semblants est là essentiel.

L’égalité c’est ici l’identification à une même norme et cette norme c’est celle, universelle, de la raison du rationalisme. Que l’on parle de normes idéales ou de normes naturelles ou structurelles c’est le magistère moral, organique et systémique d’un Etat jacobin qui est censé établir de façon juridique et scientifique les termes de l’équation égalitaire. Il y faut, bien sûr, des raisons supérieures aux autres, les raisons d’Etat sans doute. L’altérité est ici forcément une source d’altération de l’égalité.

La fraternité c’est ici la solidarité matérialiste. Le matérialisme ne connait que des liaisons et des forces d’origine matérielles. On peut donc solidariser deux morceaux de bois avec de la colle mais aussi par toute autre force de liaison endogène ou exogène. Il est vrai que les attractions répulsions des affects ressemblent à ces phénomènes de liaisons, d’inclusion et d’exclusion, de clivage ou de solidarisation. Question d’atomes crochus sans doute. Il y a toute une dialectique « sociale », binaire et manichéenne qui s’y source. L’altérité est une menace contre la cohésion et la solidarité.

Ces trois logiques différentes trouvent à se conjuguer dans un processus de déni de l’altérité, d’anti-humanisme radical au nom des droits de l’homme dument réinterprétés. On voit bien les risques du dévoilement, risque d’explosion d’une convergence apparente, risque totalitaire de tentative de colmatage des fractures, risque de violence dénégatrice de l’altérité. Libéralisme moral, étatisme, lutte des classes trois « tendances » à marier? Tel est le challenge de grands équilibristes en campagne. Le ciment pourrait être le déni d’altérité et les dénonciations associées. Mais il y a aussi cette synthèse, ce syncrétisme de l’accusation de l’homme, de l’antihumanisme radical et son déni d’humanité, cette réduction de l’homme à l’ordre des choses, à la Nature des choses. Il y a toujours une sorte de shyzophrénie qui le permet où l’humanité de l’homme postule sa propre négation.

Mais l’individualisme est-il de droite ou de gauche? L’étatisme est-il de droite ou de gauche? Le matérialisme est-il de droite ou de gauche? l’écologisme est-il de droite ou de gauche?

Et le choix de civilisation, question centrale? il suppose qu’il y ait pluralité. S’il n’y avait que dualité on se retrouverai dans un manichéisme classique. S’il n’y avait qu’étalonnage à une référence universelle supérieure on se trouverait dans une suprématie à vocation hégémonique. S’il n’y avait que multiplicité arbitraire alors tout se vaut et le choix n’est que l’exercice d’un libre arbitraire de plus, question de goût ou de dégout.

Alors quels critères de choix? Observons qu’il s’agit de civilisations humaines et que s’il y a des critères ils doivent être en rapport avec des valeurs humaines.

Alors pourquoi ne pas réinterpréter les valeurs de la république française comme des valeurs humaines, liées à l’humanité de l’homme, des valeurs humanistes donc.

La liberté, de nature proprement humaine, l’autonomie, ce n’est pas l’indépendance mais la maîtrise responsables de ses dépendances. La liberté responsable est ce vers quoi tend toute civilisation humaine. Plus de liberté cela veut dire plus de conscience, plus de maturité, plus de responsabilité dans les communautés de vie partagée. Elle se conçoit sur la base d’une transcendance de la personne qui se révèle progressivement et reconnait la contingence de son existence entièrement prise dans ses communauté d’existence et sur laquelle s’exerce sa responsabilité grâce à cette liberté là.

L’égalité c’est l’égale dignité de l’humanité que porte en lui chaque homme, quelles que soient ses conditions d’existence. L’égalité c’est la reconnaissance de l’altérité de chaque être, unique et partageant la même humanité. L’humanité porte en elle le pire et le meilleur, l’égalité aussi. Il faut donc que cette humanité soit engagée dans cette liberté responsable à cultiver pour que sa dignité s’exprime et soit reconnue en même temps que celle des autres membres de la communauté. Le fait que cette liberté responsable trouve à s’exprimer dans la communauté donne à celle-ci sa vocation de révéler et cultiver l’humanité des hommes qui la compose.

La fraternité c’est le partage d’humanité dans le Sens du bien commun au sein d’une communauté de devenir en commun. C’est aussi le partage d’humanité entre des communautés différentes selon le Sens du bien commun d’une communauté de communautés. Ainsi la fraternité est-elle constitutive du lien social dès lors qu’il est engagé dans le Sens du bien commun. Sans communauté pas de fraternité. Sans fraternité pas de communauté en voie de développement et d’accomplissement humain.

Alors la civilisation c’est le mouvement de développement et d’accomplissement d’une communauté selon la culture de son Sens du bien commun et la part d’humanité qui lui est propre.

A ce titre, là où il y a civilisation il y a aussi le pire, potentiellement au sein de chaque communauté. Chaque communauté est unique et à ce titre d’égale dignité humaine mais totalement différente dans sa culture. Chaque communauté est engagée dans une histoire où son niveau de civilisation est évolutif et peut même régresser.

Il y a là des éléments de réponse à la question « est-ce que les civilisations se valent? » et à la question « quel choix de civilisation ». Ces deux questions ont changé totalement de visage.

A la seconde la réponse est : la civilisation de l’humanité au sein de chaque communauté culturelle, selon sa vocation et à sa façon donc. La communauté mondiale est dans une mutation de civilisation, l’avènement de l’ère de l’humanité corrélative à l’ère de l’Esprit ou du Sens. Hominescence pour Michel Serres, âge de l’Esprit pour de grands visionnaires, âge du Sens et des communautés de Sens pour l’Humanisme Méthodologique, révolution humaniste pour Marie Anne Kraft.

A la première, la réponse naïve n’est plus possible. Il a fallu redéfinir ce qu’on entendait par là. Les civilisations sont toutes différentes et d’égale dignité mais les cultures ne sont pas toujours engagées dans leur meilleur Sens, dans leur processus de civilisation ou n’en sont pas au même niveau d’accomplissement de leur vocation et de leurs valeurs.

Alors il reste à relire les discours et les propositions politiques pour regarder de quoi ils parlent et qu’est ce qu’ils engagent, pour le pire ou le meilleur de la communauté française.

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Comment construire une démocratie majeure

Le propos ici est de répondre à une problématique de plus en plus prégnante alors que les conceptions traditionnelles semblent devenues obsolètes. Le deviennent aussi heureusement des conceptions tyranniques du pouvoir mais aussi des conceptions technocratiques, juridiques ou administratives notamment. Le sont aussi, tout en prétendant à une nouvelle modernité, les conceptions totalitaires, systémiques, naturalistes, qui font rimer démocratie avec abandon de tout libre arbitre et, en définitive, de toute humanité véritable au profit de «lois naturelles incontournables».

Du coup, s’il est de plus en plus urgent de construire de nouvelles démocraties il faut renouveler aussi d’urgence les conceptions et les pratiques.

Le but de cet article est de donner des repères, des clés indispensables pour traiter le problème. Il est bien évident que cette présentation schématique doit être étoffée par toute l’épaisseur d’une pensée et d’une ingénierie humaine, celles de l’Humanisme Méthodologique. La complexité de la question et la diversité de ses domaines d’application ne peuvent continuer à recourir à des idées simplistes ou à des formalismes de plus en plus dénués de sens intelligible. Les querelles sont plus souvent les masques d’une manipulation des esprits qu’une véritable recherche de progression de la question.

La question démocratique va être balisée par des repères majeurs, des clés indispensables au temps où nous sommes, au moment d’une mutation de civilisation c’est-à-dire aussi du dépassement d’une civilisation antérieure avec ses crises et ses troubles. Il ne s’agit pas de recommencer comme avant comme trop de nostalgiques du passé le préconisent, surtout en Occident, pour éviter de se remettre en question.

Construire une démocratie majeure c’est un enjeu pour un nouveau temps fondé sur de nouvelles bases schématiquement données ici.

On envisagera trois questions et leurs réponses, nouvelles pour beaucoup. Où se pose la question de la démocratie? En quoi consiste la démocratie ? Comment développer une démocratie majeure.

La démocratie c’est où ?

La question démocratique ne se pose que dans une communauté donnée. Que l’on parle de peuple, de société, d’organisation, de collectivité, la démocratie est une affaire de communauté humaine, de nature humaine donc. Toute communauté humaine est concernée par la question démocratique et est appelée à développer tôt ou tard une démocratie majeure. S’il n’y a pas d’identification commune à une communauté de devenir il n’y a pas de démocratie possible n’y ayant pas, par exemple, de vouloir commun auquel participer.

Quelles communautés ? Nous allons donner toute une variété d’exemples.

La Libye au premier rang en ces jours où elle se donne des échéances pour y arriver. L’Egypte, la Tunisie on le sait mais aussi cela se joue au Maroc, en Jordanie ou des progrès s’enregistrent. Bien sûr la Syrie est à l’ordre du jour mais que dire de l’Iran, de la Chine, et de tel pays où l’Etat prétend s’imposer à la nation. L’Europe, les pays européens, l’Afrique, les Amériques. On le voit toutes les nations du monde sont concernées et aucune ne peut se dire avoir une démocratie aboutie surtout celles ou les incantations dominent le discours public en la matière. Sont concernés les ensembles nationaux comme l’Europe mais aussi ceux d’Asie comme d‘Amérique et les multiples configurations destinées à traiter des affaires communes, c’est-à-dire communautaires. Que dire alors de l’ONU qui ne sait si elle est une union ou une communauté, comme d‘autres, comme l’Europe. Et pourtant on ne peut pas dire que la question démocratique ne se pose pas partout où une conscience commune du bien commun se fait jour, c’est-à-dire une communauté de devenir.

Changeons d’échelle pour penser à des communes, à la ville et à ses quartiers là où on vit ensemble. Il y a des communautés de communes et dans notre pays des communautés d’agglomérations, des pays, des départements, des régions. Il y a aussi des inter-régions entre nations proches. Autant de communautés où la démocratie est en question.

Dans une autre registre les entreprises, les institutions, les organisations, les associations, les groupements d‘activités sont autant de lieux où la question de la démocratie est posée même si c’est de façon embryonnaire et que des solutions viables restent à inventer et à construire. On ne savait pas encore très bien en effet concilier démocratie et efficacité.

D’une façon générale la multiplication des communautés née de possibilités relationnelles inconnues auparavant avec internet repose la question à toutes sortes de niveaux et, on le verra, surtout des niveaux de maturité. La trame communautaire de notre monde en est au début d’un bouleversement sans précédents et personne ne peut dire que cela n’a pas une incidence sur chacune des communautés citées. La question de la démocratie se pose partout.

L’énoncé des tous les cas précédents amène à considérer un fait majeur c’est que toutes ces communautés ne sont pas isolées. Mieux elles sont elles-mêmes constituées de communautés qui participent plus ou moins à leur propre devenir. De même elles participent à d‘autres communautés qu’elles contribuent à constituer. Il faut impérativement considérer la théorie des ensembles communautaires, communautés de communautés comme aussi communautés de personnes. Notons ceci ; une personne peut participer successivement ou simultanément à plusieurs communautés et ce sera de plus en plus vrai, posant la question de sa liberté et de la maturité de ses participations. Une personne qui participe à une communauté peut être partie prenante d’une autre communauté qui appartient à la première ou y contribue. Si une communauté est constituée de plusieurs groupes, des personnes de la communauté peuvent participer à plusieurs de ces groupes et donc de plusieurs manières différentes à la démocratie communautaire. Ce sont des personnes mais aussi des communautés qui participeront aux processus démocratiques.

Si cette complexité dépasse l’entendement de beaucoup d’idéologues elle correspond à des réalités humaines de plus en plus patentes. Prenons le cas de l’Europe (qui ne sait si elle est union ou communauté) où la démocratie européenne reste assez pauvre et se concilie difficilement avec les communautés nations et encore moins les communautés régions et les autres. La communauté nation France ne sait comment faire avec ses communautés d’étages et une démocratie qui en intègrerait intelligemment la diversité.

Il faut dire que pour cela il faut repenser ce qu’est la démocratie, en quoi elle consiste. En France l’interdit de penser la démocratie va avec l’interdit de penser la communauté, les communautés, le seul lieu où se pose la question démocratique.

La démocratie c’est quoi ?

La démocratie à minima c’est la participation des hommes à la détermination de leur devenir et pour cela aux affaires communes dans les communautés où ils s‘inscrivent.

De là deux questions majeures se posent; celle d’abord de la capacité d’appréhender les questions en jeu et les modes de participation démocratique associés, celle ensuite des enjeux auxquels la démocratie est confrontée. Ni l’une ni l’autre ne sont tout à fait claires et sont pourtant déterminantes pour définir la démocratie. Ce sont des aspects essentiels du phénomène humain qu’est la démocratie qui dépendent donc et de la conception de l’homme pour concevoir la démocratie et de la conscience que l’on peut en avoir.

Le premier axe de réflexion est celui des niveaux de participation à la communauté, des niveaux de conscience associés et des niveaux de maîtrise des affaires humaines correspondants. Si la démocratie est une participation à cette maîtrise alors c’est un critère discriminant des modes de contribution démocratiques.

Grâce à l’anthropologie de l’Humanisme Méthodologique on peut distinguer quatre niveaux, correspondant à quatre «âges d’évolution».

Le premier est celui de l’âge archaïque. C’est celui d’une participation principalement émotionnelle à la communauté faite de peurs, de passions, d’émois, de confusions, de répulsions, tout cela étant à la fois très «influençable» ou très lié à des problématiques personnelles et culturelles inconscientes ou encore à des évènements éprouvants. C’est notamment le terrain de ce qu’on appelle une démocratie d’opinion aux mains d’acteurs qui font assaut de machinations au service d’un pouvoir sur les populations. Ici la démagogie tiens lieu de démocratie. C’est le terrain des dominations, des tyrannies, des pouvoirs médiatiques. Une communauté de ce niveau est en voie de perte totale de maîtrise, associée à une dégradation communautaire. La seule solution par rapport au devenir c’est l‘intervention extérieure, bienveillante, qui trace et permette un chemin de reprise de conscience communautaire et d’apprentissage d’une voie de progression. Il s’agit là de communautés en régression, ou de communautés encore prises dans un «bain affectif originel», ou encore de personnes dans cette situation dans une communauté évoluée et même de personnes «évoluées» embarquées dans un pathos régressif. On voit que leur participation n’est pas possible et qu’une forme de tutelle ré-éducative doit être assurée chaque fois que possible.

Le second est l’âge primaire. La participation à la communauté se fait au travers des activités liées à la vie collective touchant à la subsistance, à la production, à l’organisation, au fonctionnement. C’est tout le domaine de l’action communautaire et des réalisations qui contribuent aux enjeux collectifs. C’est là que les membres de la communauté peuvent être dits des acteurs. Les acteurs de la communauté, individus ou même groupes et communautés, peuvent avoir un niveau de maîtrise correspondant à leur action et leur compétence. De ce fait le champ de participation est limité aux domaines où les acteurs peuvent accéder et c’est là le domaine de la démocratie participative. Le grand principe c’est que ce sont les acteurs qui agissent et c’est là leur statut démocratique à la mesure de leur champ d’action. La participation aux affaires de la communauté à ce niveau commence donc avec la conception ou la définition des actions, leur participation aux réalisations et l’évaluation. Trois considérations complémentaires. La dimension affective et émotionnelle, toujours présente, doit être dominée par la maîtrise des activités et des utilités communautaires. La participation démocratique à l’action et l’activité communautaire est évidemment perfectible et fait l’objet d’apprentissages éducatifs dans toutes les communautés évoluées que ce soit des enfants mais aussi tout au long de la vie. Enfin c’est grâce à un autre niveau de conscience qu’une vue d’ensemble des enjeux communautaire deviendra possible sans quoi l’action communautaire risque d’être sans cohérence et la démocratie participative en partie un leurre.

Le troisième âge d’évolution est l’âge secondaire. C’est celui, en principe, de la civilisation d’où nous venons. Ce qui en est l’enjeu ce sont les représentations partagées, représentations de la communauté, son identité, représentations de son histoire, passé et futur, représentations de ses projets, de ses stratégies, de son développement. Cela réclame un niveau d’évolution, de conscience et de maîtrise plus avancé à la mesure cependant de l’importance des communautés en question. Pour une petite communauté c’est plus accessible que pour un pays ou même des enjeux internationaux ou mondiaux. La démocratie ici est représentative. Elle doit être assumée par des représentants capables d’assurer cette maîtrise des représentations. Il s’agit pour cela d’un travail de délibération, de formulation, de communication, de conception, de créativité. L’erreur peut-être de confier cela à une élite d’expertise, d’Etat par exemple. Si cette expertise est utile c’est pour servir la démocratie représentative et pas s’y substituer. La démocratie représentative est faite du rassemblement de représentants mais aussi de tous les dispositifs dont ils ont besoin pour délibérer des projets et stratégies de développement communautaires. Ces représentants, pour être représentatifs, doivent représenter les multiples populations concernées et ce notamment au travers des groupes et communautés où elles s’inscrivent en tant qu’acteurs. Une représentation territoriale n’a aucun sens si elle n’est pas rattachée à une communauté identifiée.

La démocratie représentative travaille plutôt sur le moyen terme et permet ainsi de donner un cadre stratégique à la démocratie participative centrée sur l’action ponctuelle. Pour qu’une telle démocratie participative soit pertinente il faut qu’elle soit orientée par le Sens du bien commun de la communauté. Tout autre Sens ne justifie pas une démocratie qui resterait un leurre.

Nous sommes maintenant au niveau tertiaire où l’enjeu est le discernement et l’indication du Sens du bien commun par une personne qui l’incarne. Un noeud de difficulté et d’incompréhension vient d’un défaut de conscience de Sens. Le Sens du bien commun est inhérent à la communauté et ne résulte d’aucune délibération. Par ailleurs depuis toujours, toutes les communautés s’arrangent pour trouver une personne pour incarner ce Sens. Toutes sortes de procédés sont utilisés qui se traduisent toujours par une sorte d’élection, élection formelle d’un candidat selon un processus culturellement significatif ou reconnaissance et acceptation de celui qui tiens un rôle culturellement significatif. C’est là la démocratie élective, la reconnaissance implicite du Sens du bien commun de la communauté par la recherche et l’acceptation explicite d’une personne qui l’incarne. A l’âge des représentations on n’a pas accédé à une intelligence du Sens de cette démocratie en en faisant souvent des caricatures qui débouchent sur autre chose que l’indication du Sens du bien commun. Il n’est que de voir la place de cette question du Sens du bien commun et des processus culturels de son élection dans les conceptions en vigueur de la démocratie.

Par ailleurs une certaine maîtrise des représentations les a cru suffisantes avec la maîtrise de la raison et de ce fait en est venu à disqualifier ce rôle central en en faisant une représentation accessoire. Il y a aussi les conceptions plus immatures qui considèrent que la personne élue est une autorité forcément nuisible et donc à éliminer. Malgré cela soulignons qu’aucune communauté ne s’en passe, quelque soit l’artifice pour le justifier. Songeons à toutes les communautés citées au début et nous verrons quelle en est la situation sur ce plan. La démocratie participative s’appuie sur l’incarnation du Sens du bien commun de la communauté par le biais d’un rituel culturel de démocratie élective. Elle y trouve l’orientation qu’elle doit ensuite projeter en projet développement, stratégies et autres représentations de l‘avenir de la communauté au travers des affaires communautaires.

C’est là la seconde question initialement soulevée, celle des enjeux de la démocratie pour la communauté. On en voit la construction et l’architecture à laquelle est adossée la démocratie sous ses différents aspects. L’orientation communautaire d’abord, le projet et la stratégie de développement communautaire ensuite, l’activité communautaire enfin.

L’orientation de l’avenir selon un Sens du bien commun propre à la communauté, est l’enjeu de la démocratie élective celle uniquement des personnes membres de la communauté. Vient ensuite sa projection au travers de multiples représentations, celles du développement communautaire et toutes les règles ou plans qui le dessinent. C’est la place de la démocratie représentative. On notera que la démocratie élective désigne des personnes qui peuvent aussi représenter la communauté dans un ensemble communautaire plus vaste. Vient ensuite le plan de l’action collective ou des multiples activités qui contribuent au développement commun, champ de la démocratie participative où interviennent les personnes et aussi par exemple leurs communautés de travail et de services. Restent les plans plus archaïques de la vie communautaire qui réclament une prise en charge et un contrôle qui sont la condition de la possibilité même d’une démocratie.

La démocratie comment ?

On conçoit qu’il y a une infinité de situations selon que l’on se trouve dans des communautés de différentes natures et de différentes tailles, d’histoires et de cultures différentes. Les ensembles communautaires amènent aussi leur complexité. On notera ici les conditions nécessaires et des moyens de construction de la démocratie communautaire.

Tout d’abord l’identification de la communauté. Cela ne va pas toujours de soi dans la mesure ou la désignation d’une communauté tiens aussi de son histoire et sa culture. Elle est indispensable pour que le Sens du bien commun en soit éclairé et exprimé de façon à ce qu’il puisse être approprié de façon gratifiante et mobilisatrice. L’identification à la communauté au «nous» est indispensable pour qu’une démocratie majeure puisse s’exercer. C’est donc un enjeu prioritaire de toute construction ou reconstruction démocratique. La construction de référentiels de valeurs identitaires ou opérationnels est un bon moyen d’appropriation. Cependant il faut être en mesure d’élucider ce Sens du bien commun vecteur culturel d’un développement communautaire mais aussi de ses valeurs, richesses et potentiels. Ce qui se faisait intuitivement ou par le charisme d’un homme peut se faire de façon plus sûre grâce à la théorie des cohérences culturelles et aux méthodes d’analyse de cohérences culturelles et tous les moyens d’intelligence symboliques déployés par L’Humanisme Méthodologique. Désigner la communauté et la présenter sous son meilleur jour est la condition et le moteur d’un processus d’identification nécessaire à la démocratie. On remarquera que lorsque ce sont des penchants plus négatifs, combatifs aussi, qui sont mis en avant cela contamine le processus démocratique ultérieur, Une victoire par exemple suscite une identification polémique qui en fera une démocratie de combat plutôt que de développement. La glorification des tares est un boulet pour la démocratie. Là une aide extérieure peut être précieuse pour aider la communauté à s’identifier, le regard des autres étant aussi un vecteur puissant.

Cependant, l’identification ne doit pas faire abstraction d’autres identifications de communautés plus proches, plus familières. Les régions pour la nation, les nations pour l’Europe, mais aussi toutes les configurations que l’on retrouve dans les pays ou toutes les autres sortes de communautés. Il est capital d’articuler la communauté avec les communautés qui la constituent et celles auxquelles elle participe. Par quoi commencer ? Par ce qui est le plus accessible et qui servira de soutien pour aller plus loin la réponse n’est pas la même en Libye ou en Tunisie, ou dans tel ou tel ensemble communautaire. C’est une question de niveau de maturité, pas forcément de simple sentiment d’appartenance. On notera qu’une communauté doit être suffisamment avancée dans son identification pour pouvoir participer de façon majeure à un ensemble communautaire avec d‘autres.

A partir de là les trois niveaux de démocratie sont en jeu mais ne peuvent être généralisés simultanément. Sur le plan opérationnel il faudra commencer par le niveau d’orientation avec une « élection « provisoire venue opportunément assurer cette fonction. Il faudra de toutes façons constituer rapidement ce repère même provisoire, même si cela apparait comme venant d’un homme providentiel». Ensuite il faudra constituer le champ des représentations communautaires, à partir des communautés constitutives par exemple. Cela aussi peut passer par des dispositions provisoires même par l’apport d’expertises externes. Si le premier point et assuré et le Sens du bien commun identifié et explicité alors le développement communautaire peut être engagé sans que la démocratie représentative soit parfaitement établie. Elle réclame en effet un niveau de maturité qu’il s’agit de favoriser par le développement communautaire lui même. Ensuite la démocratie participative peut s’exercer dans la mesure ou un projet cadre est établi. C’est la condition pour mettre en concourance les activités communautaires et permettre aux acteurs de participer au développement communautaire.

Dans un processus de construction de la démocratie, la démocratie participative est la première qui peut se développer à condition que des palliatifs aient été mis en place pour la démocratie élective et la démocratie représentative. Celles-ci seront mises en oeuvre au fur et à mesure de la maturation communautaire et sa capacité de les assumer c’est-à-dire de devenir une démocratie majeure.

Il arrive que L’Etat se substitue à la démocratie. Une idéologie prend la place du Sens du bien commun avec une «élection» fallacieuse. Les expertises se substituent à la démocratie représentative sous prétexte de maitrise des affaires complexes de la nation éliminant du même coup les communautés qui y participent culturellement. Enfin il en vient à réduire à néant la démocratie participative s’arrogeant le monopole de l’action publique. Le résultat est une régression de la communauté aux archaïsmes, ceux du politique et ceux d’une société sous tutelle prise dans les passions et les futilités. Il n’est pas facile d’en sortir sans une identification forte à la communauté selon le Sens du bien commun qui leur est propre et les valeurs culturelles associées (surtout pas universelles et donc anonymes).

La construction de la démocratie va avec le déploiement d’un projet de développement communautaire qui est en même temps le champ d’un apprentissage progressif de l’exercice de la démocratie sous ses différents modes. On peut dire qu’une gouvernance provisoire, basée sur une orientation et une stratégie de développement cadre permettra une appropriation qui commence alors par la démocratie participative celle des acteurs portant sur l’action.

La maturité qui s’en suit permet de s’approprier la démocratie représentative de façon élargie à toutes les représentations des communautés constitutives et à la participation à des ensembles communautaires. A chaque communauté son chemin pour cela.

Ensuite la démocratie élective qui touche au symbolique peut sortir de l’implicite de l’élection des «re-pères» de la nation par exemple. C’est ce que notre époque permet en ouvrant à un âge du Sens, celui d’un Sens du bien commun élucidé, compris et cultivé. Qu’en est-il pour notre pays?

On voit bien que la démocratie repose sur une base participative de l’action communautaire mais qu’elle repose aussi symboliquement sur un principe électif celui de l’incarnation du Sens du bien commun. On a voulu la réduire à une représentativité régulatrice qui laisse la place à une « maîtrise » élitiste des représentations, coupée de sa base participative et de son Sens électif. Du coup on s’est mis à croire que le formalisme était la cause de la communauté et que la démocratie consistait à l’entériner, laissant le champ libre à la démagogie et aux passions qui se développent sous couvert d’une technocratie pseudo démocratique. Ce modèle est malheureusement celui qui est trop souvent préconisé pour construire la démocratie avec les déboires que l’on connait.

En résumé pour construire une démocratie majeure :

1 – Identifier la communauté, son Sens du bien commun et favoriser l’identification aux valeurs qui en sont les indicateurs.

2 – Elaborer un projet cadre de développement communautaire selon le Sens du bien commun avec un dispositif d’élection et de représentation provisoire pour engager un processus d’appropriation et de maturation

3 – Mettre en place la démocratie participative avec les acteurs puis, au fur et à mesure de la maturation communautaire, la démocratie représentative et la démocratie élective selon un processus de gouvernance approprié culturellement.

Cela vaut pour les nouvelles démocraties, les vieilles même séniles, pour les entreprises et les organisations, pour les nouvelles communautés de toutes les tailles et aussi pour les communautés mondes et tous les ensembles communautaires. Le plus difficile sera, pour les communautés qui sont persuadées de détenir la formule, de la défendre contre le reste du monde et même contre leur population, au nom du peuple. Celles-là commencent par nier les communautés ou les font régresser au stade archaïque.

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Prospective de l’Entreprise Numérique

Un article publié sur le site du CIGREF,réseau de grandes entreprises.
Il donne des repères pour la mutation engagée. La mutation des esprits est plus importante que celle des technologies qui n’en sont qu’un support. Comprendre les phénomènes de changement à l’oeuvre, évoluer du traitement de l’information au traitement des situations, le modèle de l’entreprise communautaire et ses enjeux qu’il s’agit de bâtir et enfin le virtuel comme vecteur d’une transformation du monde des affaires humaines et des entreprises, tels sont les quatre parties de ce document publié progressivement.

Nous sommes dans une période de grands progrès, de grands bouleversements, de grands troubles. L’éruption incessante des crises est comme celle des boutons qui marquent le fait qu’une réaction est en train de se produire, ce qui est bon signe, du moins si on en comprend le Sens pour agir. L’Entreprise Numérique nous est promise comme une révolution technologique, structurelle, culturelle, majeure en tout cas. Mais qu’en est-il vraiment de ce qui est en train d’advenir et qui se trame, à grande échelle, mondiale ? En d’autres temps on consultait l’oracle (toute ressemblance…) mais les viscères de nos oiseaux technologiques ne parlent pas de l’avenir. Peut-être alors quelque pythie qui, elle, ne dit pas mais signifie ? En effet tout est affaire d’interprétation, d’imagination et mieux, de discernement et de créativité, un problème de Sens et de projection dans le Sens indiqué..;
la suite sur le site du CiGREF

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Sortie du livre Le Sens du bien commun

la premiere de couvertureCa y est le livre est sorti. Il est publié aux éditions Temps Présent, collection semeurs d’avenir. Rejoignez le groupe sur facebook

Le sous titre : « pour une compréhension renouvelée des communautés humaines ». C’est un essai d’Humanisme Méthodologique. Il montre que le bien commun suppose une communauté identifiée et que le Sens du bien commun est celui du développement et de l’accomplissement humain. Cela suppose que l’on en sache quelque chose de ce qu’est le développement et l’accomplissement humain. Ces questions fondamentales on un volet pratique. En effet toutes les affaires humaines sont des affaires communautaires et sont a engager dans le Sens du bien commun de la communauté concernée. Même les enjeux personnels n’existent nulle part ailleurs que dans les communautés auxquelles on participe. L’économie, le politique, l’éducation, la justice par exemple sont des affaires communautaires. L’ignorer c’est imposer un point de vue particulier comme intérêt général. C’est le cas de la plupart des idéologies et des conceptions dominantes.
Alors comment s’y prendre? Il faut lire le livre…

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Les entreprises et le bien commun 5

Dynamiques humaines et management communautaire

Le Sens du bien commun est associé à une communauté de Sens, communauté de bien, communauté entreprenante s’agissant alors d’une entreprise. Il en caractérise les valeurs et tout processus d’évaluation. C’est aussi l’orientation, l’axe de cohérence de son développement. Reste à savoir quelles en sont les incidences pour l’action. D’abord l’action devient action communautaire, le fait de la communauté en action, le fait de l’action sur la communauté par ceux qui la dirigent et l’encadrent. Sur ce plan on peut parler d’abord de management communautaire pour spécifier quel nouveau type de management est nécessaire. En effet selon la conception de l’entreprise le type de management change. Une entreprise technique réclame l’application de techniques de management, une entreprise systémique réclame un management régulateur, une entreprise de puissance réclame des stratégies de pouvoir et d’emprise. Les entreprises communautaires réclament une gouvernance communautaire. il s’agit d’impulser et de piloter une dynamique humaine structurée et évaluée selon les critères de valeurs qui lui sont propres. Il s’agit toujours, une fois discerné le Sens du bien commun, de le faire partager par la communauté entreprenante chacun dans son secteur. Il s’agit aussi de le faire partager à ceux qui en sont clients et partenaires par exemple. Différentes méthodes sont alors pertinentes.

La méthode des référentiels de valeurs partagés (MRVP). Elle consiste à construire un référentiel de valeurs à partir du Sens du bien commun dont les repères et les expressions sont établis par un groupe de dirigeants ou de représentants du corps social concerné. Ce travail d’élaboration partagée a le mérite de renforcer un conSensus, un entendement mutuel, une motivation commune, une mise en perspective commune de l’entreprise. La méthode consiste ensuite à le démultiplier dans tous les secteurs, dans tous les métiers, en faisant traduire par les intéressés le référentiel générique dans les termes appropriés à chacun. De ce fait c’est une bonne méthode d’appropriation du même Sens du bien commun mais dans les langages et selon les contextes propres à chacun. Du coup les bénéfices d’entendement mutuel, de motivation commune et de mise en perspective de l’activité se retrouvent à tous les niveaux et en plus dans une cohérence d’ensemble inhabituelle. On peut y rajouter l’établissement d’échelles et de critères de valeurs spécifiques conduisant à des capacités d’évaluation différenciées selon les secteurs ou les métiers mais cohérentes pour l’ensemble. C’est là la résolution d’un problème rarement maîtrisé correctement. Le développement de cette capacité d’évaluation amène le développement d’une compétence collective et d’une intelligence partagée instaurant une auto formation de grande efficacité.

Pour partager le Sens du bien commun il y a aussi différents vecteurs parmi lesquels on peut citer par exemple : l’identité prospective de l’entreprise, la communication narrative, le marketing des valeurs… L’identité prospective est une façon de s’identifier en se projetant dans le futur dans une vision de développement désirable exprimant les valeurs dans lesquelles on se reconnait. C’est le Sens du bien commun qui en est le vecteur. La construction d’un référentiel de valeurs identitaires en est le moyen propice. il rassemble en effet les valeurs rétrospectives, repères de mémoire ou de ressources antérieures (d’où venons nous?); les valeurs introspectives par lesquelles se reconnaissent les qualités, talents, traits de caractères dans lesquels se reconnaître (qui sommes-nous?); les valeurs prospectives que l’on cherche à privilégier (qui voulons nous devenir?). Ce travail d’identité est gratifiant et mobilisateur, renforçant le cohésion mais aussi l’image projetée pour tous les publics et parties prenantes.

La communication narrative intègre le fait que le Sens, Sens du bien commun et valeurs associées, est véhiculé par l’image et le discours, les affects, les événements mais encore mieux par ce qui les intègre : une histoire dans laquelle se situer, se projeter. La communication narrative ou storytelling est un puissant vecteur de transmission du Sens du bien commun avec ses bénéfices de partage, de mobilisation, de cohésion et donc d’attractivité. On pensera aussi à un marketing des valeurs, vecteur de Sens à partager entre les communautés entreprenantes et leurs clientèles actuelles ou potentielles. Le marketing des valeurs est basé sur l’axe du Sens du bien commun. Outre qu’il confère aux produits et aux actes une valeurs partagée il permet aussi de donner leur cohérence à tous les termes sur lesquels reposent les stratégies et les actions qui en découlent. On pensera aussi à la gestion, au contrôle de gestion où les termes d’évaluation, de valeurs et d évaluer sont évidemment décisifs. On devine que le Sens du bien commun bouleversera ce domaine et résoudra les impasses auquel il se heurte habituellement. On comprend que les évaluations, la gouvernance, le management communautaire et de toutes nouvelles compétences dérivent de tout cela faisant des entreprises non plus des machines nécessaires aux fins incertaines mais le vecteur majeur des activités humaines dès lors qu’elles sont situées dans un contexte communautaire, celui où s’accomplissent les potentiels de l’humanité.

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Les entreprises et le bien commun 4

Responsabilité sociale et socio-performance des entreprises

La question de la responsabilité sociale devrait entrainer deux autres questions. Par rapport à quels critères de valeurs cette responsabilité s’évalue et se réalise? Par rapport à quelle « société » cette responsabilité s’envisage? Les deux questions sont évidemment liées. Par exemple quelle est la responsabilité sociale des entreprises française vis à vis de la société chinoise ou vice versa? Si il s’agit d’entreprises qui travaillent avec la Chine où, mieux, si n’y travaillent pas. On voit bien qu’il n’y a là aucune évidence et que probablement cette responsabilité doit être située par rapport à une « société » ou une communauté de référence. Si tel est le cas alors le Sens du bien commun, les différentes expressions du bien commun, les valeurs, échelles de valeurs et mesures de valeur sont alors impliquées dans la nature et l’exercice de cette responsabilité. C’est bien par rapport à la communauté de référence, son développement, son économie communautaires que s’envisage la responsabilité. Sans cet enjeu pas de responsabilité sauf s’il s’agissait seulement de dénoncer quelque faute congénitale ou quelque nuisance fatale sur fond de culpabilité à sanctionner.

Il se trouve que le Sens du bien commun de toute communauté humaine l’amène à établir des relations avec d’autres communautés qui sont humainement recevables pour le moins et, mieux, qui peuvent être des relations de service. Ainsi la communauté entreprenante, si elle est prise comme référence, peut concourir au bien commun de communautés plus larges lorsqu’elle est engagée dans son propre Sens du bien commun. Par exemple les valeurs propres de l’entreprise entraînent à servir des communautés clientes en se souciant de leurs propres valeurs. Ce n’est pas la même chose que de prendre la communauté de clients comme communauté de référence, ce qui est aussi possible pour une entreprise, vouée alors à cette communauté là. Question de choix de communauté de référence.

Si on se situe maintenant dans une communauté de référence choisie comme par exemple une région, un pays ou toute autre alors la responsabilité s’envisage non pas en termes de nuisances mais de bénéfices pour la communauté selon son système de valeurs, son Sens du bien commun. Dans quels termes ce bénéfice est apporté? En termes d’économie communautaire, une conception nouvelle de l’économie, en termes de développement communautaire, en terme de devenir et d’empowerment communautaire. Il faut le rapporter, avec le Sens du bien commun, au paradigme communautaire qui monte de fait avec la mutation de civilisation. A l’ère de la mondialisation ce sont les communautés de vie et d’enjeux qui constituent le lieu des affaires humaines et des entreprises notamment. L’idée d’entreprises apatrides appartiens, à l’époque moderne, à un autre paradigme, le paradigme systémique où le concept de responsabilité sociale comme celui de bien commun n’existent pas. Le paradigme communautaire qui les place au premier rang est aussi celui qui ouvre à la liberté de choix mais aussi la responsabilité associée. Avec les ensembles communautaires la question se traite aussi à toutes les échelles : communautés et économies de proximité, communautés culturelles de marché, communautés monde. A chaque entreprise de savoir où elle habite et quels enjeux communautaires elle partage. Sans cela la responsabilité sociale est un leurre.

Vient ensuite la question de l’évaluation de cette responsabilité, de l’évaluation de la contribution aux enjeux communautaires selon le Sens du bien commun, les valeurs propres et les échelles de valeurs associées. C’est en termes de pertinence et de cohérence que cette évaluation est faite d’abord selon les critères précédents mais aussi en termes de performance si on se soucie aussi de sa mesure, celle de la valeur ajoutée, apportée, selon les critères précédents bien sûr. Il s’agit là de la socio-performance. La socio-performance est la mesure de la contribution de l’entreprise selon l’échelle de valeurs définie par le Sens du bien commun de la communauté de référence.

Le concept de socio-performance donne sa consistance à la responsabilité sociale c’est-à-dire communautaire. Il est tout à fait généralisable à toute communauté de référence. Socio-performance de l’entreprise dans la communauté territoriale où elle s’est engagée, socio-performance de l’entreprise par rapport à la communauté de ses actionnaires, à celle de son personnel, à celle de tel marché de clientèle. Mais il y a aussi la socio-performance vis-à-vis de la communauté d’entreprise, celle de ses équipes, de ses fournisseurs, de ses partenaires, de ses collaborateurs, de ses dirigeants, de ses différentes unités d’activité etc. En fait le concept de socio-performance est tout à fait le pendant de la question du bien commun, expression du Sens du bien commun d’une communauté de référence. Il est la question principale de tous les dirigeants et responsables d’entreprises et de tout projet, de toute activité dès lors qu’elle trouve son sens et sa valeur au sein d’une communauté humaine identifiée. Y-a-t-il quelque chose de plus essentiel, de plus concret, là où les abstractions quantitatives ont permis toutes les errances favorisant les aveuglements savants et calculés. On ne peut parler de responsabilité autrement. Si l’on ne s’y retrouve pas avec l’appareil verbal habituel en la matière alors il faut se demander quelle est sa socio-performance et ses critères de valeur et d’évaluation. C’est dire que la question de la socio-performance relative toujours à une communauté identifiée se pose à propos de toute chose, de toute activité, de toute entreprise dans toutes les affaires humaines.

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Les entreprises et le bien commun 3

Evaluations, valeurs et valeur

La clé du management et de toute maîtrise professionnelle individuelle et collective passe par l’évaluation. Evaluation des situations, des projets par anticipation, des réalisations en cours et à leur issue, évaluations ponctuelles, périodiques, continues. Evaluations des compétences individuelles et collectives, des opportunités, des ressources. Evaluation des risques internes ou externes, évaluation des marchés, des parties prenantes, évaluation des évènements, évaluation de l’environnement dans toutes ses dimensions. On voit bien ici que l’évaluation est une activité principale pour tout responsable et dirigeant, y compris pour ceux qui, majeurs, veulent assumer leur activité et leur vie professionnelle.
Alors vient le problème de ce qu’est l’évaluation. Trois réponses classiques du qualitatif au quantitatif : l’intuition fruit de l’expérience, l’utilisation comparative d’un modèle de référence ad hoc, la mesure comptable de la valeur. Aucune de ces méthodes ne fait appel explicitement au Sens du bien commun et aux valeurs communes. De là des incompréhensions classiques, des incohérences, une déshumanisation des rapports, des conflits d’intérêts quasi mécaniques, et maintenant souvent l’appel incantatoire à des valeurs plus universelles les unes que les autres et donc anonymes. La communication avec la cité, le public et les parties prenantes est sans cesse faussée.

La crise financière a mit en évidence une dissociation entre la valeur et les valeurs, entre la rationalité purement comptable et les valeurs collectives. C’est un problème de fond qui peut se résoudre avec une conception et une pratique de l’évaluation fondée sur le Sens du bien commun. On en verra ici quelques articulations essentielles.

D’abord pas d’évaluation sans communauté de référence. Pour quelle communauté, dans quelle communauté veut-on évaluer. Se poser la question est capital, ne serait-ce que pour voir la diversité des réponses possibles et la confusion générale si on ne le fait pas explicitement, chacun évaluant alors de sa fenêtre. L’entreprise? Les actionnaires? L’environnement territorial? Le marché? Le personnel? En fait toutes les réponses sont légitimes. Celle choisie n’exclue pas les autres mais les relativise à la communauté de référence. C’est l’engagement dans le Sens du bien commun qui justifie cela. En effet les valeurs qui en sont les indicateurs sont des valeurs humaines. Le bien commun est un « bien de l’homme » et non pas l’objet d’un intérêt arbitraire. C’est donc « le meilleur » de la communauté de référence qui sera mis en commun. Nous sommes là au seuil d’une exploration philosophique et éthique qui sort de notre propos mais pas de celui de l’Humanisme Méthodologique qui sert ici de guide.

Ensuite vient l’élucidation du Sens du bien commun qui donnera son axe de cohérence à toute évaluation à partager. Elle relève d’une expertise qui rejoint et va au-delà de ce qu’une intuition aiguisée soutenue par une connaissance profonde des problématiques humaines permet d’atteindre. il s’agit d’un exercice d’intelligence symbolique pour accéder à des dimensions en général inconscientes des groupes et communautés humaines. Cette élucidation dépasse mais justifie des rationalisations auxquelles on est habitué concernant la raison d’être et les finalités de l’entreprise en en étendant le champ aux fins proprement humaines. Le Sens du bien commun et son expression constitue un puissant vecteur d’identification, de valorisation, de motivation, de mobilisation, d’intelligence collective, d’implication…

Ce travail de discernement permet d’identifier des indicateurs de ce Sens du bien commun que sont les valeurs propres. Ces valeurs ne s’expriment pas uniquement sous forme d’images idéales, de formules mais aussi de situations exemplaires, de sensibilités, d’ambitions, de modèles types, etc. En fait c’est tout un système de valeurs qui peut être dégagé autour de cet axe de cohérence et ce Sens. On pourra utiliser un référentiel de valeurs générales à partager et le décliner selon les multiples groupes et situations de réalisations. Ce type de référentiel constitue un référentiel d’évaluation partageable. En effet il permet notamment d’établir les échelles de valeurs selon le Sens du bien commun et attachées aux domaines d’application utiles.

On en vient à la question de la valeur, de celle que l’on mesure notamment par des moyens quantitatifs, notant que sans qualification la quantification n’a aucun sens. En fait la valeur dans l’entreprise ou toute communauté de bien est la mesure de la contribution à un bien commun. Elle se mesure donc sur une échelle de valeurs établie en fonction du Sens du bien commun et non pas selon des critères inconnus (philosophies de la comptabilité) ou totalement impersonnels, abstraits, c’est-à-dire sans valeur propre qui concerne véritablement les hommes impliqués dans la communauté entreprenante.

Sur ces principes est rétabli le lien entre la valeur et les valeurs en les référant au Sens du bien commun c’est-à-dire à la communauté entreprenante, la communauté de référence, communauté humaine aux finalités humaines et aux pratiques humaines. Cela change profondément tout le paysage de l’évaluation comme moyen de contrôle et de pilotage des affaires et des entreprises humaines.

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Les entreprises et le bien commun 2

Le Sens du bien commun et les valeurs

Qu’est-ce que le bien commun pour une communauté de bien, une communauté partie prenante de l’entreprise ou bien l’entreprise elle-même comme communauté entreprenante. D’abord voyons quelles conceptions implicites de ce qu’est une entreprise règne sur les esprits, consciemment ou non. Il y a les entreprises de puissance ou de captation de richesses. Elles sont vues par les uns comme forcément prédatrices et pour les autres comme moyen légitime d’enrichissement. Il y a les entreprises techniciennes qui déploient des trésors de rationalité et d’efficacité au service d’un objectif, quel qu’il soit et où chacun est sensé exercer la fonction qui lui est dévolue, sans état d’âme. Ce sont celles que l’on enseigne dans les écoles spécialisées. Il y a les entreprises systémiques qui fonctionnent selon des normes ou des lois de l’économie, lois du marché par exemple ou lois de régulation, par nécessité naturelle et par obligation. On en profite où on en est victime selon la fatalité des conjonctures. Il y a enfin les entreprises communautaires, communautés entreprenantes, communautés de parties prenantes, exerçant aux service de communautés clientes, dans le contexte de communautés territoriales comme une région ou un pays par exemple. Là vient se situer la question du bien commun qui implique qu’il y ait communauté de bien. Les trois autres conceptions de l’entreprise ont évidemment du mal à s’accorder à cette notion de bien commun.

Pour une entreprise ou communauté entreprenante on peut imaginer ce que pourrait être le bien commun : réussite et pérennité de l’entreprise, enrichissement des parties prenantes, apports de « biens » et « services » au service du bien des communautés clientes (marchés), contribution au développement des communautés territoriales où s’exercent les activités de l’entreprise, participation au progrès humain professionnel mais aussi personnel etc. Cela dit la multiplicité des acteurs et communautés impliquées depuis les équipes spécialisées, jusqu’aux populations les plus larges amène bien vite à observer que le bien commun prend des consistance très différentes. Comment alors réunir des communautés différentes avec des enjeux propres forcément différents. C’est là que la question du Sens prend toute son importance. D’abord pour chaque communauté partie prenante un Sens du bien commun peut être identifié comme donnant sa logique, sa cohérence et aussi ses valeurs à l’activité et même sa raison d’être à l’entreprise. Aller dans le même Sens c’est ce qui donne sa cohérence sa motivation et son efficacité à la communauté entreprenante. Dès lors on peut fixer ce qu’est le bien commun à un moment donné comme le projet, les buts fixés mais qui change selon les circonstances et surtout selon les parties prenantes. Le bien commun n’est pas le même pour chacun mais le Sens du bien commun doit l’être lorsqu’on se réfère à la même communauté de bien. Ainsi projets buts objectifs ne sont pas les mêmes pour chaque équipe, chaque partie prenante, chaque client ou territoire d’activité mais, lorsque l’entreprise est identifiée comme communauté de référence alors le Sens du bien commun pour celle-si est celui sur lequel s’alignent motivations, stratégies, engagements, conSensus donc. C’est aussi ce qui met les acteurs dans une logique de « concourance » plutôt que de concurrence.

Comment alors caractériser le Sens du bien commun pour une « communauté entreprenante », une entreprise donc mais aussi d’autres configurations de l’engagement collectif. C’est là qu’intervient la notion de valeurs. Les valeurs sont les indicateurs du Sens du bien commun. Elles peuvent et même doivent être différentes dans leurs expressions, leurs traductions, selon les groupes et parties prenantes mais elles expriment le même Sens. Vaut ce qui va dans ce Sens et c’est donc le premier principe de toute évaluation. On peut donc évaluer des enjeux, des actions, des projets, des ressources, des résultats avec une échelle de valeurs commune basée sur le même Sens du bien commun. Cela n’empêche pas que les valeurs soit différenciées selon les parties prenantes et surtout cela n’empêche pas que chaque communauté de bien ou communauté de valeurs ait aussi et par ailleurs d’autres modes d’évaluation qui lui soient propres lorsqu’elle n’est pas engagée avec l’entreprise. Par exemple une filiale peut être commune à plusieurs entreprises. Elle peut avoir sa propre échelle de valeurs avec le Sens du bien commun qui lui est propre et par lequel elle vise son bien mais aussi elle va devoir concourir et de façon différenciée à chacune des entreprises actionnaires selon leurs valeurs spécifiques. C’est évidemment aux dirigeants de discerner à chaque fois le Sens de leur action.

Il faut donc associer le Sens du bien commun à une communauté donnée avec les valeurs qui lui sont propres. C’est ce qu’on appellera la communauté de référence. Ainsi avant toute évaluation et même tout engagement de l’action, tout projet, il faut déterminer quelle est la communauté de référence, ensuite son Sens du bien commun et les valeurs propres qui le caractérisent. Ce sont les bases d’une toute nouvelle appréhension de l’entreprise, ses finalités, sa logique, ses valeurs et enfin les méthodes et pratiques qui permettent d’en maîtriser les enjeux.

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