Tag: République

Quel modèle de société ?

Quatre modèles de société

La mise en question du modèle de société dans notre pays est de plus en plus patente. Différents rapports sur l’intégration en sont des analyseurs. Deux modèles sont d’ores et déjà en conflit, l’universalisme républicain et le différentialisme.

Le modèle rationnel. L’universalisme Républicain est devenu une prétention exorbitante au point de vouloir s’imposer au monde entier. Justifié par une interprétation opportuniste des Lumières et de la Raison il fait de la rationalisation de la cité un idéal. Seulement une organisation rationnelle tutélaire y exerce le pouvoir : l’Etat. En fait c’est une oligarchie élitiste qui gouverne à partir de ses bonnes Raisons, et de son monopole de la détermination et du jugement de l’intérêt général. Cet universalisme de la raison supérieure réduit ce qui fait la singularité de chaque être humain et chaque communauté culturelle à ses normes, uniformes. C’est donc là un anti-humanisme qui fait de l’accessoire, la raison, l’essentiel et de l’essentiel de l’humanité en l’homme une tare à éliminer… C’est pour cela que l’émancipation de toute origine et racine culturelle, familiale et religieuse, leur éradication est posée publiquement comme finalité de l’école et le conditionnement normatif aux productions de la raison comme la méthode de formatage et de sélection des élites. Cet universalisme abusif crie au loup dès qu’il faut prendre en considération quelque différence non dûment rationalisée. Ce projet est toujours à l’oeuvre au nom de l’égalité, une « valeur » dénuée de rigueur conceptuelle en l’occurrence. Dans ce modèle il y a la société civile, une société inférieure, sous tutelle y compris ses prétentions démocratiques. C’est le terreau sur lequel prélever des ressources, exercer un contrôle normatif, ruser avec les passions, justifier ses fonctions propres, et jouer avec des libertés fantasmées conçues comme accès aux droits distribués par l’Etat et sous son contrôle. Les étrangers sont invités à se fondre dans cette société civile et toute communauté est suspecte ce qui fait que le lien social est sous la dépendance de l’Etat et la foule de ses structures intermédiaires et associations en mission de service public c’est-à-dire de l’Etat. On notera que l’assistanat est indispensable pour tenir en dépendance la société civile, qu’elle soit bénéficiaire ou ponctionnée, ou les deux.

Le modèle passionnel. Le différentialisme. La révolte contre le système précédent se fait au nom des différences et de la conflictualité attachée à leurs revendications ou leur défense. Les hommes sont identifiés à leurs passions et leurs rapports de force justifiés par des différences apparentes forcément inégalitaires. Chaque groupe s’identifie à la défense de ses intérêts et leur légitimité historique. Celle-ci vient de l’oppression des autres groupes, alliés quelques fois dans quelque conflit mais adversaires par réduction aux différences patentes et leurs conflits existentiels. A certains d’origines étrangères on donnera un pouvoir d’agir qui serait plutôt « pouvoir de réagir contre »… les autres. D’autres verront dans le multiculturalisme une menace pour leur identité propre pendant que d’autres le revendiquent. D’autres encore, réunis en groupes d’intérêts corporatistes chercheront à gagner contre tous les autres. Des communautés d’identité défensive alimenteront le fameux communautarisme par leur intégrisme ethnique, religieux, philosophique ou même économique. Le régime des passions est aussi celui du populisme. On notera que le peuple est appelé à se révolter contre l’oppression désignée, celle des autres qui n’en font pas partie. De ce fait les « milieux populaires », le peuple de gauche ou de droite, sont convoqués à cette résistance ou cette révolte en solidarité avec d’autres communautés discriminées avant de combattre contre leurs prétentions. Des mouvements comme le féminisme, le LGBT, les ex colonisés, les antirascistes ostracistes, les racistes exclusifs, alimentent un populisme généralisé ou chacun se juge l’opprimé de l’autre et légitime ainsi sa défense et ses attaques. Ce modèle de société qui a eu ses heures de gloire avec la lutte des classes et les conflits mondiaux du siècle dernier reste toujours agissant, celui de tous contre tous, de l’autre comme menace. C’est l’un des modèles jugé réactionnaire par le modèle universaliste étatique dit républicain.

Mais ces deux modèles ouvrent sur une autre alternative décisive, la voie de la facilité ou la voie de l’exigence humaine.

Le modèle naturel. Les lois de la nature des choses régissent les affaires humaines croit-on. Alors n’ayant de cesse de dénoncer les atteintes de l’homme à la nature par tous les actes de civilisation et de progrès matériel consommatoire, le retour au naturel est le leitmotiv d’une néo modernité. Vie naturelle, empreinte minimale, respect des besoins naturels et des comportements instinctifs, valorisation de l’enfance et des âges premiers, bons sentiments, relations spontanées, sont autant de critères de bonne conscience où la biologie fait figure de sacré. La vie est un jeu que les autres sont invités à partager. Mais la nature des choses s’exprime aussi dans les lois scientifiques, sociologiques, technologiques même. Dès lors de nouveaux modes de vie respectueux des évolutions biologiques, bio technologiques, d’une économie naturelle dans ses lois et ses productions durables intègrent aussi des relations dégagées de morales et d’exigences qui n’ont pas lieu d’être selon la nature des sentiments et des besoins ressentis. Ce modèle qui s’exprime dans des milieux de proximité ou dans des mouvements mondialisés, dans le local et le global, rejoint le rapport quasi religieux à la terre et à la planète reliées par des systèmes qui tissent les liens d’un transhumanisme, ou d’un post humanisme pour d’autres. La conscience comme évidence collective, se débarrasse des exigences et des disciplines de maîtrise de la nature et de la nature humaine et s’érige en éthique de la nature. Dès lors, au nom de la nature des choses ou des pulsions, toutes les monstruosités sont possibles. Rappelons-nous la place de l’éthique naturaliste dans le nazisme ou de l’éthique sociale égalitaire du stalinisme. Ce ne sont pas des accidents mais les conséquences d’un déni d’humanité.

Le modèle communautaire. La communauté de bienveillance veille au bien de chacun et au bien commun. Comment penser bien commun sans une communauté, une conscience collective, un Sens donné au bien commun qui soit le bien de tous parce que celui de chacun. Le bien humain est dans son devenir, ce que vivre veut dire qui n’est pas survivre. Veiller au bien ce n’est pas autre chose que veiller à ce devenir. Bienveillance nourricière, éducative, économique, politique telle est la responsabilité de chacun et le service qu’il reçoit de la communauté et des autres. Ainsi chacun est à la fois source de bienfaits pour la communauté selon ses potentiels et singularités et à la fois bénéficiaire de bienfaits de par la communauté et les autres. Mais chaque petite communauté est aussi membre de plus grandes et fait l’objet de bienveillance de même que l’on peut attendre sa bienveillance à l’égard de la communauté plus grande et ainsi jusqu’aux plus grandes, territoriales ou non. C’est ce qui permet la diversité culturelle, religieuse et l’altérité des personnes dans un rapport réciproque de bienveillance mutuelle au sein de communautés de devenir. Penser le rapport de bienveillance qui est un respect mais orienté vers un devenir commun et aussi singulier, amène à penser toutes ses formes et ses pratiques, ses degrés et ses déviances. La communauté de bien est donc la base de toute société et de toutes les affaires humaines lorsque le bien humain est le critère de valeurs et donc d’éthique c’est-à-dire un humanisme véritable. Le modèle communautaire n’est pas un angélisme puisque toujours à l’oeuvre au travers de toutes les affaires et les situations humaines. Il est cependant le seul capable de les réguler en rapport avec un Sens du bien commun associé au développement et l’accomplissement humain. Politique et démocratie, économie et activités, éducation et développement sont tous à penser et réaliser sous le régime de la bienveillance, non sans exigences de réciprocité. C’est bien sûr comme cela que doit être accueilli tout autre, nouveau né ou étranger, personne ou communauté.

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Elire un président, oui mais pour quelle république ?

La république est-elle une entité sacrée et universelle ou bien un mode de gouvernance de la société? Est-elle un contre pouvoir ou un pouvoir dominateur ? La république est-elle synonyme de démocratie ou de régime totalitaire. Les références historiques gréco-romaines, les discours révolutionnaires et post révolutionnaires, l’expérience des «républiques populaires» et la comparaison des multiples modèles contemporains montre qu’il n’y a pas une seule définition possible. Chacun peut l’interpréter dans le Sens qui lui convient légitimant ses projets et ses désirs, ses valeurs, ses ambitions et ses croyances.

Au moment d’élire un président de la république on pourrait penser que le choix porte sur le meilleur de ceux qui incarnent les valeurs et enjeux de la république. C’est le cas en période pacifiée où le consensus national républicain permet ce type de choix. Si ce sont plusieurs conceptions de la république qui sont en jeu il y a alors un enjeu implicite de refondation, de remise en question.

Nous y sommes. Non pas que ce soit nouveau dans l’histoire de notre pays mais, hormis dans des périodes de crise, la question ne s’est pas posée explicitement, chacun cultivant implicitement sa conception derrière un conSensus supposé. Les références au Conseil National de la Résistance, plus de 65 ans après sont à prendre soit comme un repli conservatoire soit comme l’émergence d’une remise en question radicale. La mutation de civilisation, les turbulences du monde actuel qui avance de crises en crises ébranlent les croyances sur le plan symbolique et les structures sur le plan politique et économique.

L’élection du président de la république est ainsi l’élection d’un type de république que les candidats incarnent chacun. Pour préparer son choix ou en comprendre les implications, une typologie des conceptions de la république, du point de vue de la culture française serait bien utile. Cette typologie peut-être aussi utilisée pour comprendre les rapports avec le monde actuel et l’Europe en particulier.

Pour cela une analyse des Sens et cohérences de la culture française (Travaux de l’Humanisme Méthodologique – 1981) http://journal.coherences.com/article302.html permet de construire cette typologie ou du moins d’en donner quelques repères.

On donnera d’abord quatre constituant deux couples antagonistes et ensuite leurs croisements qui dessinent quatre types de républiques qui occupent l’esprit des français et sous-tendent les positions tenues.

Les repères

La république authentique : la gestion démocratique des affaires communes
à l’inverse :
La république dogmatique : modèle idéologique totalitaire de référence

La république révolutionnaire : L’opposition radicale aux pouvoirs établis
à l’inverse
La république organisatrice : L’édification d’un Etat de droit

Les conceptions explicites ou implicites des candidats.

La république dogmatique révolutionnaire : Les extrémismes manichéens et fascisant

Au nom de cette république on entend la fureur, dénonciatrice d’un système assimilé à quelque connivence avec le mal. Evidemment les tenants de cette république manichéenne se portent mutuellement une haine qui les engage à se détruire les uns les autres comme au bon temps de la guillotine pour trancher les sujets à coup de justice et de morale expéditives. Leur conception de la démocratie est plutôt celle de la rue et ses hurlements que celle de la délibération des citoyens. Est-ce que cela s’appelle populisme? Alors être président de la république n’est ce pas être le prochain décapité ? On sent d’ailleurs souvent d’étranges reculs des candidats affichés. Sont-ils à la tête de «partis de gouvernement» ?

La république organisatrice dogmatique : L’Etat jacobin et les oligarchies

La démocratie a souvent été assimilée au gouvernement de notables constituant une aristocratie hiérarchisée et auto-légitimée. L’Etat jacobin, maintenant en crise, en a poussé l’organisation à des sommets de rationalité étendant son pouvoir sur toutes les sphères de la société. Rationalité scientifique, juridique, économique, administrative, tout cela justifie une oligarchie et sa morale élitiste, c’est-à-dire qui confond élite et pouvoir, raison et pouvoir. La Raison d‘Etat y a toujours raison. Alors que vient faire un président de la république ici ? Se vouer à la défense de l’Etat dont il n’est le chef que pour cela. Le service de l’Etat est alors considéré comme étant celui de l’intérêt général et donc ne se discute pas. Au passage, république ou pas cela ne change rien sauf les sacralités idéologiques justificatrices invoquées.

La république authentique révolutionnaire : La défense du peuple contre les puissants

Le souci exclusif des plus pauvres, des plus faibles, des déshérités, des handicapés, fait de la république une «république providence». Il est d’ailleurs étrange que l’on parle d’Etat providence alors que ce sont les «partenaires sociaux» qui géraient seuls les dispositifs de «sécurité sociale». Au-delà des frontières le champ de son dévouement exclusif aux «pauvres» est assimilés à la protection et la défense des peuples contre les tyrans c’est-à-dire les pouvoirs en place. C’est ce qui fait de cette république revendicatrice une machine de guerre contre le pouvoir établi et non pas une méthode de résolution des problèmes. La république des bons sentiments sert les intérêts des bonnes consciences. La surenchère électorale, en dépit de la question du Sens du bien commun remplace la communauté nationale par la figure morale du peuple forcément opprimé. Le candidat président, comptable des affects, chercherait-il dans un bain de souffrance un brevet de sanctification?

La république authentique organisatrice : La construction d’une nation exemplaire

La communauté nationale est constituée par la participation à un projet commun qui mobilise conscience collective, intelligence collective, compétence collective. Ce projet est celui de l’élaboration et l’exercice d’une gouvernance communautaire démocratique. Il conjugue les réalités locales des français et de leurs communautés de vie et d’activités avec les réalités globales du monde actuel et celles des communautés de voisinage comme avec l’Europe. C’est comme cela que l’on peut dire que le projet national est avant tout un projet «politique» et la république son incarnation. Le président de la république, chef de l’Etat national en est comme le chef de projet. On en attend les propositions faites aux français des enjeux et de la méthode qui les mobilisera, en fonction de leurs situations dans le moment présent et pour le futur. Alors espérons les projets de gouvernance démocratique des enjeux communautaires pour une république du 21 ème siècle à l’ère de l’expression généralisée des cultures et des moyens de communication communautaires.

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Psychologie d’une élection présidentielle

Ce terme de psychologie rappelle celui de Gustave Le Bon auteur d’une « psychologie des foules » 1895 ( voir ses ouvrages : ). L’auteur considère les processus psychologiques qui animent les foules et ce qu’il appelle les meneurs. La foule c’est plutôt ce que l’on appellerait aujourd’hui un mouvement qui se constitue et se défait dans une période donnée. Si l’auteur prend notamment les révolutions comme exemple, le moment de l’élection présidentielle dans le contexte actuel y trouve quelques similitudes. Gustave Le Bon observe que les phénomènes de foules sont sous-tendus par une sorte d’inconscient collectif qu’il appelle une race. Ce terme utilisé en son temps par d’autres auteurs comme Renan ou le psychologue Taine, n’a rien à voir avec le concept biologique et héréditaire qui en a été fait par la suite, jetant une confusion entre le génétique et le psychologique. Il correspond avec la notion de cohérences culturelles, structures fondatrices des communautés humaines, inconscient collectif communautaire mis en évidence par l’Humanisme Méthodologique. Ici, la communauté qui nous intéresse c’est la nation française et ce qui s’exprime dans une élection présidentielle.

L’Humanisme Méthodologique apporte des fondements théoriques dont ne disposait pas Le Bon en son temps. Il apporte aussi des méthodes d’élucidation qui permettent l’analyse des cohérences culturelles des communautés, communautés nationales notamment. Ce type d’analyse met en évidence une problématique humaine et tous les Sens selon lesquels elle peut être vécue. C’est parmi ces Sens, les pires et les meilleurs, que se repère un  » Sens du bien commun », celui qui porte la voie d’un accomplissement et d’un développement culturel singulier. Ce sont ces Sens et les cohérences culturelles associées qui supportent les dynamiques collectives et les  » mouvements de foules « . A l’occasion d’une élection présidentielle, c’est tel ou tel Sens qui est proposé par chaque candidature et leurs promoteurs tentent de provoquer un mouvement en leur faveur, en faveur du Sens qu’ils veulent favoriser.

L’analyse des cohérences culturelles de la France a été réalisée il y a plus de trente ans ( voir : ). Si les circonstances changent les Sens sont toujours les mêmes. Leur expression doit être adaptée à l’actualité. C’est ce que fait cet article. Nous allons examiner 8 logiques, liées entre elles par oppositions, par combinaisons de voisinage et constituant une sorte de rose des vents ou des courants ou aussi une boussole pour aider à s’orienter. Une typologie des « passions » françaises se dessine alors où prennent Sens les élections présidentielles. On terminera par ce qui semble être le Sens du bien commun conjuguant les vertus voisines.

Avant de commencer il faut comprendre que toutes ces positions sont autant de rapports à l’ordre, l’ordre des choses, l’ordre établi aussi et, en l’occurrence, l’élection présidentielle s’inscrit non seulement dans un ordre politique, celui d’une constitution de la cinquième république, mais y participe selon les règles édictées par elle. Au pays de la révolution, idéalisée en révolution permanente c’est un paradoxe que de respecter un tel ordre préétabli. L’ordre napoléonien au contraire se satisfait de la pérennité d’un tel ordre avec une démocratie formelle bien ordonnée. Nous verrons donc comment l’ordre électoral et l’ordre présidentiel sont aperçus, à quelles positions cela donne lieu et quelles en seraient les conséquences si telle ou telle prédomine dans l’élection de celui qui l’incarne.

L’authenticité. Il s’agit d’élire celui qui représente le mieux le pays c’est-à-dire la nation, les français, la communauté des électeurs. Pour que les français se retrouvent en lui il faut qu’ils le reconnaissent et pour cela qu’il s’exprime, qu’il exprime ce qu’il est, ce qu’il pense, et comment il voit le pays et les situations qu’il traverse. C’est un jeu d’identification réciproque entre un pays et un homme, une personne qui l’incarne. Pour cela il doit être authentique, parler vrai, dire la réalité telle qu’il la voit, en toute bonne foi, de façon juste. Il doit dire le juste, pour que les français se reconnaissent et reconnaissent leur propre expérience avec toute sa diversité. Le « je » et le « nous » doivent s’identifier et par suite chacun dans la nation. L’élection du President c’est aussi l’élection de chacun comme renouvelant le lien communautaire.

Le cynisme. Il s’agit d’élire une doctrine, une certaine idée que l’on veut voir s’imposer. La vérité importe peu ou plutôt elle s’impose aux faits et aux hommes indépendamment de ce qu’Ils sont dont on fait volontiers table rase. La vérité d’en face est disqualifiée elle est dite mensonge parce que le critère de vérité c’est la conformité au dogme, pas à l’expérience. C’est d’ailleurs pour cela que les gens simples ne s’y retrouvent pas. La mauvaise foi est justifiée par la conformité, l’hypocrisie qui sépare la vie intérieure, le comportement privé et le discours public, les postures et les formules consacrées. L’élection est partisane et l’élu celui qui est le porteur du dogme, délégué pour cela. Ce n’est pas la vérité de sa personne qui compte mais sa fidélité théorique au dogme. Il est vrai que la position de mauvaise foi créé un climat de suspicion et de simulacre. Le déni de la réalité par tous les moyens de l’habileté, sophistique par exemple, emprunte volontiers les artifices de la raison, de l’argumentation, qui s’auto-justifie par ses références idéologiques en négation de l’expérience commune. Comment un président peut-il être élu? par défaut sans doute, c’est-à-dire par la mobilisation de quelque défaut.

Le ressentiment. Une des passions française les plus constante. Rien n’est bon dans l’ordre établi. S’agit-t-il d’édifier un ordre alternatif? Peut-être dans le discours à l’occasion, comme on se dit qu’il va bien falloir se doter d’un projet, d’une « culture de gouvernement ». Le ressentiment c’est la justification de l’empêchement, celle de la contestation, de l’opposition de principe, de la revendication impérieuse. L’élection se fait contre plus que pour. L’élu est le champion de l’intolérance à l’ordre ancien, l’animateur du ressentiment. Son programme c’est de déboulonner l’ordre en place et sauf à devenir dictateur, il lui faudra préparer sa propre défaite au prochain tour. Il en est toujours surpris et se croit trahi. La révolution française dans ses moments les plus radicaux en a montré jusqu’à la caricature.

L’enthousiasme. Voyant la possibilité d’un progrès dans l’ordre des choses alors la France peut se mobiliser avec enthousiasme. L’implication, dans le fait électoral lui-même, la participation aux enjeux commun, l’engagement dans un projet, la contribution par le vote à l’intérêt général trouvent les français disponibles, mobilisables. L’élu c’est celui qui sait montrer le chemin, le programme, le plan de ce à quoi les bonnes volontés sont invitées. Un visionnaire certes mais aussi concret, méthodique, capable de mener a bien ce qu’il entreprend, de réussir ce qui lui serait confié. L’élection du Président est un moment de l’action. Il ne s’agit pas tant de liquider l’ordre ancien que de le transformer, le faire progresser ou même de le dépasser. C’est à la bonne volonté et aux compétences qu’il est fait appel tant de l’élu que des français.

La défense. Ça ne va pas et il faut que ça change. La réalité ce sont les problèmes dont il faut se débarrasser, les maux contre lesquels il faut lutter. L’élu est celui qui rassemble un assentiment critique et militant, c’est-à-dire prêt à manifester, manifester son désaccord son désaveu de ce qui existe, de ce qui ne va pas. Il s’agit donc de combattre et de vaincre les maux qui accablent, les menaces qui planent, les carences qui sont manifestes, les insuffisances. La défense et la protection contre les dangers et les menaces dues à l’ordre établi est une bonne argumentation pour mobiliser. L’ordre mondial, le système, le pouvoir en place sont autant de cibles de la critique sans qu’il soit nécessaire de proposer des solutions alternatives et un projet constructif. Inutile de dire que si des émotions sont soulevés il ne s’agit pas d’enthousiasme et elles ne tiennent qu’autant que les maux sont mis au premier plan. L’indignation a besoin d’être alimentée en permanence.

L’ambition. L’enthousiasme doit être alimenté par une perspective valorisante du moins dans les apparences. Un projet de conquête, une utopie bien identifiée, une vision prometteuse sont à proposer. Il s’agit bien de promesses qui doivent flatter les électeurs qui s’en imaginent grandis. Bien sûr les promesses n’engagent que ceux qui y croient. C’est dire que la bonne foi, le réalisme ne sont pas de mise sauf dans l’excellence du tableau proposé, de la scène imaginée. Il y faut de l’habileté et s’adresser aux électeurs comme à une élite. Les élites s’en trouvent d’autant plus valorisées et gratifiées qu’elles trouvent un place éminente dans la perspective. Le Président élu est porteur d’un charisme qui doit beaucoup à la séduction et se présente comme compétence d’exception. Il porte l’ambition du pays qu’il a su lui faire partager. C’est forcément un bon communicant…

La destruction. Renverser l’ordre établi par tous les moyens, tel est l’enjeu. L’élection présidentielle n’en est qu’un moyen plus ou moins opportun. Le Président fait figure de vainqueur potentiel, celui qui saura détruire l’ordre et les pouvoirs existants. On sait ce qu’il en advient ensuite. On comprend que l’élection fait appel plutôt à des forts en gueule qu’a des personnalités discrètes et subtiles. La calomnie, la dénonciation, le procès d’intention, la démagogie, la disqualification de l’adversaire, tout est bon pour entretenir l’animosité et exacerber les haines et les passions destructrices. Le cynisme et le ressentiment se posent en vertus et les tièdes en traitres potentiels. Ça finit toujours mal pour les français et pour les dénégateurs du pouvoir qui l’auraient pris par inadvertance.

La construction. Édifier c’est a la fois faire grandir en vertus et construire. Le rôle d’édification d’un Président repose sur l’appel a des engagement vertueux au service de la communauté et aussi, au-delà, au service d’autres communautés et du monde. Édifier un ordre des choses renouvelé en fonction des évolutions du monde telle est la vocation de la France dans tous les domaines où elle peut exceller. Pour cela l’élu doit en manifester la volonté et la perspective et en faire appel au français, leur demander leur engagement sur des enjeux communs, ceux de communautés qui participent à la communauté nationale et son devenir, ceux aussi de communautés élargies comme l’Europe ou au-delà. C’est en communiquant sa conviction, sa bonne volonté et l’authenticité de son engagement qu’il peut solliciter valablement une élection c’est-à-dire un choix personnel des français celui du Sens du bien commun.

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Autorité et démocratie à la française

Une analyse de cohérences culturelles comme celle de la France déploie une problématique humaine singulière en plusieurs Sens que la carte de cohérences dessine. Chaque Sens correspond à une vision du monde et un mode d’existence qui permet de lire une logique historique, un caractère, un axe de projection dans l’avenir et toutes leurs conséquences dans les affaires communautaires. C’est donc à cette carte de cohérences schématique que l’on peut avoir recours pour redécouvrir les façons de comprendre une question telle que celles-là.

Culture française

Autorité et démocratie sont dans cette culture référés à l’ordre des choses.

Le Sens de la bonne foi donne à l’autorité un Sens d’authenticité (même étymologie), de fiabilité, de repère, gage de fidélité à la vérité aussi, l’autorité fait foi, c’est sa responsabilité. A l’inverse l’autorité est plutôt un titre, un artifice, une référence de convention, une formule pour imposer un ordre de substitution, un faux semblant de vérité. Par exemple l’autorité de l’Etat qui, quelques fois, substitue à la réalité vécue une norme administrative qui ne tiens pas compte du réel des choses et des gens. C’est le cas de tous ceux qui imposent un référentiel artificiel. Ce référentiel peut être administratif ou idéologique et même scientifique ou philosophique. Il y a beaucoup de corporations ou d’instances dont l’autorité est de cette nature et dont l’ordre devrait s’imposer à tous comme « l’autorité de la France » quelques fois. A contrario, même si elle constitue un repère c’est celui de la vérité, toujours en quête. Dans les quêtes du pouvoir l’autorité impose ses vérités opportunistes. On appelle ça cynisme aussi.

La démocratie, sur cet axe horizontal à gauche (de la carte), est l’expression d’une réalité collective, la manifestation d’un ordre commun, un témoignage du réel à partager. A l’inverse la démocratie est un prétexte, une mise en scène, pour établir un référentiel d’autorité artificiel. Il ne s’agit pas d’expression collective mais d’adoption collective d’un ordre préétabli. Les normes précèdent leur adoption et semblent ensuite émaner de la démocratie. Le système français est ici bien rodé et certaines conceptions de la république y trouvent leur source, pseudo démocratique donc.

Sur l’axe vertical en haut, l’autorité est porteuse de détermination, détentrice d’une volonté bonne et déterminée. Il s’agit donc d’un volontarisme qui entraine les bonnes volontés, un leadership si on le comprend comme cela. Celui qui porte cette détermination est dirigeant par l’exercice non d’un pouvoir mais d’un charisme et d’une capacité de tracer la voie. La démocratie est évidemment là participation à l’édification des enjeux communs, concernement de la communauté par ses affaires selon l’ordre déterminé.

A l’inverse l’autorité est source de ressentiment. Elle est identifiée au fait du prince et donc toujours à combattre pour y substituer celle du même type de ceux qui l’auraient vaincue. Le pathos révolutionnaire se nourrit là. On voit bien le rôle de la démocratie qui consisterai à substituer le bon vouloir du peuple à celui du prince. Le bon vouloir qui n’est pas la bonne volonté inverse est incarné par les représentants du peuple qui par définition démontrent que leur bon vouloir doit se substituer à l’autorité présente. Le pathos révolutionnaire est en marche et sans fin puisque la nouvelle autorité doit bien vite être déboulonnée ou décapitée plus symboliquement. La généralisation du libre bon vouloir généralise l’imposture et l’usurpation d’autorité et alimente la machine mortifère.

Il est intéressant de voir quels régimes d’autorité et de démocratie cela dessine dans les diagonales.

Dans le Sens du gauchissement le révolutionnaire ne s’embarrasse pas de vérité et impose ses simulacres jusqu’à être disqualifié à son tour. Cela devient une profession un statut. L’autorité doit s’imposer et utiliser le collectif comme moyen ou comme prétexte, c’est la démocratie dictatoriale, celle que chacun voit dans l’intention de tous les autres. Imaginons un parti fondé là-dessus (ou plusieurs) et l’atomisation qui le guette en permanence. Traditionnellement c’est la position des extrémismes, droite et gauche, en opposition radicale avec l’ordre juste.

A l’inverse donc, c’est le Sens du bien commun de la culture française et sa poursuite qui défini l’orde juste, la logique des bâtisseurs. L’autorité est celle qui incarne une démocratie, participative, par la justesse de ses analyses de la réalité, de la vérité, et la détermination de sa volonté. On ne peut pas ne pas voir comment cette position a été présente dans la dernière campagne présidentielle et comment elle suscite une réaction « révolutionnaire » qui conjugue ressentiment et mauvaise foi. Le lecteur appréciera l’analyse faite à ce sujet en 2006 : L’ordre juste ou la vertu française

En haut à droite, le Sens de l’arrogance est celui de l’élitisme aristocratique à la française, bien connu par les étrangers qui nous regardent. L’autorité est formelle  le produit d’artifices de sélection « démocratiques » comme le montrent nos Grandes écoles. C’est aussi d’actualité. Détermination certes, participation démocratique oui mais selon les règles édictées au mépris de la réalité et de la vérité. Jusque dans ses fondements philosophique, la Raison d’autorité, toujours contingente, est dite critère de vérité universelle qui s’impose à tous y compris évidemment à la démocratie. Un pays administré selon des règles formelles, juridico-administratives, techno-scientifiques, idéologiques et auto justificatrices. Voilà un visage bien connu de la France, aujourd’hui ébranlé.

Reste en bas à gauche avec le Sens de la militance une France émue et émouvante, touchée par des réalités négatives, et engagée dans la défense contre les pouvoirs mauvais (par définition). C’est à se demander si c’est l’animosité envers l’autorité et la frustration d’un libre bon vouloir  servent de détecteur des réalités difficiles ou l’inverse (démocratique veut dire chacun son bon vouloir). Cette autorité se fait volontiers « humanitaire », protestataire, alternative mais peu engagée dans la bonne volonté déterminée de construction du bien commun. Cela assure son audience et son succès émotionnel mais aussi son échec opérationnel durable lorsque agir c’est défaire.

Les vertus françaises des bâtisseurs d’ordre juste reconnaissent des personnages d’autorité qui ont joué leur rôle de repères et de dirigeants et aussi le concernement actif des populations. Il est vrai aussi que toutes les falsifications et les dénigrements n’ont pas manqué, ne manquent pas pour s’en prétendre garants.

Ce qui est vrai concernant la France l’est aussi pour tout ce qui s’y réfère, les organisations ou institutions françaises notamment. Cependant et c’est là la complexité des ensembles communautaires, en France, bien d’autres cultures ont cours. Chacun est traversé par cette diversité de cultures selon les milieux fréquentés. Aussi y a-t-il d’autres conceptions et pratiques de la démocratie et de l’autorité et il faudrait beaucoup d’arrogance pour penser qu’il n’existe que l’équation française en matière de « gouvernance ».

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Laïcité et signes religieux

Mon ami Jamel Gharbi, universitaire, m’a demandé d’apporter un éclairage sur ces questions de minarets, de burka, de voile, si actuelles et récurrentes, bref des manifestations publiques de signes (ou d’actes) religieux. Un pays aussi intelligent que le notre devrait manifester sa clairvoyance, fort de ses valeurs de laïcité. Ce n’est pas cela qui se manifeste le plus avec des débordements émotionnels et des déclarations définitives, menaçantes mêmes, qui tiennent lieu de réflexion. En fait il y a plusieurs Sens à la notion de laïcité qui mériteraient débat pour y voir clair dans les positions à tenir et les pro-positions à faire aux membres de la communauté nationale. Là aussi il y a un non dit qui craint d’être dévoilé, qui craint l’effort de discernement que le thème de laïcité positive a sollicité il y a peu. Une expression du promoteur de cette formule est de distinguer une laïcité qui s’oppose à toute religion et une laïcité qui accepte toutes les religions dès lors qu’elles respectent un pacte démocratique.

De fait comme tout concept il a plusieurs Sens (humains) qui varient selon les usages, les milieux, les intentions. Je souligne ici que l’Humanisme méthodologique est une anthropologie du Sens comme propre de l’homme et qu’ont été développées des méthodes d’élucidation des Sens, applicables aux concepts et leurs usages. C’est une telle analyse, réalisée il y a plus de 20 ans, que je vais utiliser ici. Un texte plus récent datant de l’affaire du voile en donne des indications plus approfondies avec l’exploration de la notion de spiritualité humaine : les Sens de la laïcité .

Comme pour l’identité nationale il y a un déni de réalité associée à une posture combative dénonciatrice. Le fait est que des gens comme Vincent Peillon sont caractéristiques du problème. Il a d’ailleurs piqué une crise (d’absentéïsme) Jeudi soir à la télévision (14 01 2010). Notons que c’est un spécialiste de la philosophie républicaine et fin connaisseur de Ferdinand Buisson qui aurait créé le substantif de laïcité. Il a d’ailleurs publié au Seuil il y a huit jours un livre intitulé « Une religion pour la République » et en 2008 « La Révolution française n’est pas terminée ».

La problématique passionnelle du 19 éme siècle et du début du 20 ème a mis le problème sous le tapis. Un de ses aspects est le projet toujours en vigueur d’éradication du christianisme et de toute religion quitte à y puiser ostensiblement ou discrètement des valeurs. Une laïcité de combat est aussi porteuse de l’ambition plus qu’ambigüe de créer une nouvelle religion rationaliste. Cela n’a jamais été un projet démocratique, ni explicite pour le grand public. C’est cela qu’il ne faudrait pas dévoiler avec le fait que l’identité nationale est radicalement incompatible et que tout signe religieux est par définition à bannir sauf ceux de la nouvelle religion. Pour ses tenants il n’y a pas de débat possible sauf à risquer le dévoilement, du fait aussi que cette conception de la république n’a rien à voir avec la démocratie.

Il faut dire cependant que sauf à être manichéen, cette critique ne sanctifie pas automatiquement ceux qui ne sont pas d’accord. Les combats de mauvaise foi n’ont pas manqué à l’époque ni aujourd’hui. Pour différentes raisons dont le mouvement du monde et l’émergence d’un nouveau discernement cette position est en crise, ce qui explique des symptômes de sociopathie ou encore l’adoption des pires positions culturelles (Cf  l’article : l’identité française).

Pour en revenir à la laïcité quatre Sens se dégagent schématiquement avec chacun un rapport aux signes religieux.

La laïcité libertaire : chacun fait ce qui lui plait sans contrainte spirituelle, tous les signes religieux sont permis. La liberté individuelle prime sur toute autre considération et notamment exclue le religieux de la vie communautaire pour préserver une neutralité du collectif afin de préserver la liberté individuelle. Les signes religieux sont disqualifiés de leur valeur symbolique, neutralisés en quelque sorte.

La laïcité sectaire : Il s’agit de l’imposition d’une norme antireligieuse, les signes religieux sont interdits. La conscience individuelle propre est disqualifiée lorsqu’elle ne se confond pas avec l’exercice d’une norme intellectuelle formelle de nature juridique, scientifique, administrative. Le rationalisme en a fourni largement les arguments.

La laïcité intégriste : Il s’agit de l’imposition d’une nouvelle religion sans Dieu. Les signes de cette religion laïque s’imposent dans un but d’emprise sur les esprits. En général des rituels et des signes religieux sont repris au nom d’un symbolisme des apparences conservant la lettre et en réïfiant l’esprit (confusion du symbolique et du magique).

La laïcité communautaire : Le Sens du bien commun est aussi le Sens de l’existence individuelle qui n’a d’autre lieu que la cité des hommes que chaque communauté de vie et d’engagement représente. Les signes y sont langage commun de co existence. Sous réserve de référence au Sens du bien commun, la libre expression individuelle s’exprime dans ce langage collectif. Ainsi les signes religieux doivent être « traduits », interprétés dans le langage communautaire, un langage des signes mais aussi des actes.

Dès lors, il est du ressort de chaque communauté (locale, institutionnelle, régionale, nationale etc.) de réguler les formes d’expressions, religieuses ou non, de ses membres. Si le Sens en est spirituel la forme en est culturelle. Peut-être conviendrait-il d’élucider le Sens spirituel des signes en débat avant de les traduire dans les formes culturelles appropriées et d’éviter de prendre la forme pour le Sens et tout Sens spirituel pour celui du bien commun.

Pour la laïcité communautaire l’espace public n’est rien d’autre que l’espace communautaire exigeant d’ailleurs d’intégrer la complexité des ensembles communautaires. L’Humanisme méthodologique propose avec le paradigme communautaire une nouvelle approche des questions de démocratie communautaire par exemple, fondée sur une théorie des communautés humaines.

De ces quatre versions de la laïcité les deux premières s’opposent comme les deux suivantes. La première et la dernière invoqueront la démocratie mais pas la même conception ni la même vision de l’homme. Les deux autres sont de logiques totalitaires. Elles n’ont pas intérêt à se dévoiler dans le contexte actuel et donc à accepter un débat public ou l’expression d’une libre conscience respectueuse des autres.

Est-ce au nom de la liberté de conscience, de l’égalité des droits, et de la fraternité nationale que Mr Peillon a agit et parlé jeudi soir?

Reste encore, pour les religions à savoir ce qu’est leur Sens du bien commun à toutes les échelles c’est-à-dire chaque communauté et distinguer ce qui est expression culturelle de ce qui veut être exprimé. La mutation du monde actuel repose d’une façon plus cruciale la question du statut des représentations. Cesser de leur donner un caractère sacré en soi autrement que par le Sens qu’elles expriment et dans la mesure où ce Sens est Sens du bien commun, d’un accomplissement communautaire des personnes humaines.

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L’identité française

Chaque communauté nationale est unique, singulière, originale. Humainement parlant elle est porteuse cependant d’une part d’humanité spécifique. Les français peuvent se retrouver dans la leur, inconsciemment le plus souvent, pour s’y identifier (j’en suis). Les autres humains aussi, même si cela ne leur est pas aussi familier. Certains viendront s’intégrer à cette familiarité parce qu’elle leur correspond, d’autres parce qu’ils s’y sont trouvés projetés. Inversement des français peuvent se retrouver dans d’autres cultures. Cela n’empêche pas que les français soient aussi selon le cas bretons, anglophones, musulmans, antillais, francs maçons, européens, fonctionnaires, jeunes et participent à de multiples autres communautés. S’identifier n’est pas se confondre.

Les deux premières difficultés sont d’une part la polysémie des racines culturelles de la nation française qui font que l’identification peut se faire en plusieurs Sens selon les moments, les groupes, les caractères et, d’autre part qu’ils se traduiront différemment selon les contextes et les conditions du passé, de l’actualité ou des mises en perspectives.

Il est donc important de repérer des grandes tendances qui traversent l’histoire et les questions d’ordre national françaises et ensuite de les décliner selon les domaines de référence que l’on veut envisager. En effet les termes dans lesquels s’exprime l’identité appartiennent au langage de chaque domaine, par exemple sportif, politique, historique, caractériel, imaginaire etc. Il y a donc des repères généraux qui s’attachent à identifier les tendances ou Sens profond de la culture française et des repères d’identité toujours circonstanciels ou contextuels. (Jamais figés). Il faudra choisir dans quels domaines on veut qualifier ce que peut être l’identité française, être français; l’universalisme est à ce titre  une clôture handicapante. En outre il n’y a pas de projet sans intention et c’est en tant que français que la question se pose du projet de qualification de l’identité nationale. Quel Sens de la culture française veut-on privilégier? Il faut le dire tout de suite toute culture a ses tares et ses vertus. Pour repérer et exercer ces dernières il faut choisir volontairement le Sens du bien commun de la culture française. C’est ce par quoi elle exerce ses vertus, cultive ses valeurs propres et progresse dans son accomplissement et son rayonnement.

Les conclusions présentées ici résultent d’une étude fondamentale, l’analyse de cohérences culturelles, une innovation conceptuelle et méthodologique de l’humanisme méthodologique que l’on pourra approfondir ici.

Ce qui est singulier dans la culture française c’est son « rapport à l’ordre« , sans doute inscrit dès les fondations et refondations de la France en tant que telle. Les rapports à cette problématique posent les différents Sens de cette culture et se traduisent en positions ou tendances qui portent le pire ou le meilleur. On commencera par considérer les deux défauts majeurs et les deux vertus inverses que révèlent l’analyse. Le schéma ci-dessous montre comment se distribuent ces tendances et ce qu’elles suggèrent comme principes culturels français.

Le Sens de la bonne foi ou de la mauvaise foi en rapport avec l’ordre des choses, la réalité, les structures, les hommes, posent une vertu et une des « tares » de la culture française.

D’un côté la considération des choses, le souci de vérité, d’authenticité, de reconnaissance de la nature des choses, s’oppose à une attitude de cynisme, de falsification, une substitution du discours, de formules, d’idéologies, d’une raison opportuniste à la réalité . Dans ce cas, la défiance systématique, l’artifice, l’abstraction du réel, le détournement du sujet prédominent. On y considère comme naïveté cette confiance dans l’ordre du réel, naturel et on en craint le risque de dévoilement. La vérité est déclarée mensonge et la perversion vertu d’habileté. Toute ressemblance…

Sur l’axe vertical figurent deux autres tendances qui structurent le champ culturel. D’un côté la « bonne volonté » qui consiste à rechercher le bien commun (de bonne ou mauvaise foi). Elle se traduit par une détermination à contribuer  au progrès des choses, à faire progresser l’ordre existant, à participer (démocratie participative?). A l’opposé le ressentiment est une attitude de critique systématique de l’ordre établi, de l’ordre des choses comme l’ordre public. il ne s’agit pas de contribuer à un nouvel ordre mais de s’opposer à tout ordre. Le côté révolutionnaire permanent s’exonérant de construire, ce qui est le fait de la vertu inverse.

Il est aisé alors de reconnaître quatre « postures » de français. Bonne volonté et mauvaise foi et c’est tout l’élitisme à la française qui y déploie ses « valeurs » et ses habiletés, l’élitisme intellectuelle aussi et ses formes de rationalisme notamment.

A l’inverse la vertu de bonne foi, associée au ressentiment et toute une militance critique qui ne cherche pas à construire se déploie. Réalisme mais pas de réelle bonne volonté.

Le pire est sans doute dans cette conjugaison des deux travers de mauvaise foi et de mauvaise volonté. Faut-il l’illustrer comme par exemple dans ces situations particulièrement ambigües de l’histoire. Elle servent à ériger en vertu ce qui en est quelque fois l’inverse. La vérité dite n’est pas la bonne et la critique sert plus à dénoncer qu’à construire. C’est une attitude très présente dans l’espace politique y compris à propos de l’identité nationale (cette analyse de cohérences culturelles date de trente ans et pas seulement de trente jours).

Le meilleur est la conjugaison des vertus de bonne foi et de bonne volonté. C’est ce qui détermine le Sens du bien commun et les valeurs propres à la culture française et aux français. Contribuer à l’éclairage de l’identité française sous son meilleur jour en rapport avec la réalité des français dans toute leur complexité est autre chose que de dénoncer le projet en déclarant que la question est réglée par des formules toutes faites. De même feindre de contribuer au projet en évitant le sujet réel (détournement, inversions de vérité, déni de réalité) ne vaut guère mieux. Le soupçon plutôt que la collaboration face à une réalité complexe n’est pas non plus recommandable. Ce sont là des traits de la culture française mais l’identité française que l’on peut désirer renouveler  pour rassembler et remobiliser le meilleur des français est plutôt dans la conjugaison des vertus françaises.

L’ordre juste, poursuivi et recherché a été il y a peu une expression dans laquelle les français peuvent se reconnaître. Des candidats à la présidence de la république s’y sont référé dans leur meilleur élan. Postures artificielles ou ressentiment récurent sont aussi un trait de la culture française mais peu constructif. L’article en lien rappelle ce qu’il en a été.

Fier et franc, en écho (les deux auraient même racine), fierté de participation à une oeuvre de valeur pour la communauté – la bonne volonté; franchise d’un rapport direct au choses au monde. à l’inverse le ressentiment baigne dans la disqualification permanente, la mauvaise foi se nourrit de leurres et de substituts artificiels, de faux semblants.

Alors où sont les valeurs républicaines liberté, égalité, fraternité? Leur universalité en fait des valeurs anthropologiques générales et non spécialement culturelles. Il est particulièrement arrogant de se les approprier pour identifier la France d’autant plus qu’elle n’en possède ni l’origine ni l’exemplarité. Mais il y a sans doute une ambition cachée derrière cette prétention (non pas de s’y référer mais de s’y identifier). C’est ce qu’il ne faudrait pas risquer de dévoiler par un débat public sur l’identité.

Reconnaitre la complexité et la difficulté de l’identification commune des français dans le mouvement du monde actuel et les échos de l’histoire est sans doute pour les français un enjeu de progrès  important. Comme pour tout enjeu de cet ordre les différents traits sont exprimés comme autant de manifestations d’identité possibles. Mais l’identité des français à privilégier est celle qui exprime le Sens du bien commun en reliant les réalités historiques, l’actualité commune et aussi une ambition, un désir, une aspiration partagée de bonne foi et de bonne volonté. C’est valable pour tous les français de toutes origines et de toutes conditions. il y en a certainement de multiples illustrations auxquelles s’identifier ensemble. Voilà l’intérêt d’une concertation publique sur la question.

A titre indicatif, tous les grandes références historiques peuvent être lues selon chacun des Sens de la culture française pour en identifier les tendances en jeu et repérer l’issue et ce que pouvait être le Sens du bien commun et ses références pour une identification renouvelée.

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L’identité nationale : la crise

Le débat sur l’identité nationale est symptomatique de la problématique identitaire de la France. Les uns constatent qu’il y a un problème les autres crient au fascisme et sortent leur joker : La République et ses valeurs universelles. Au lieu de débattre du sujet lui-même il y a détournement du sujet. Le débat devient objet du débat.

Cette situation révèle une sorte de pathologie nationale dont le traumatisme originaire est ancien. Il a conduit à établir un système de défense socio-psychique fondé sur « l’évacuation du sujet » humain, personnes et communautés. A la place un individu conçu comme entité juridique en dépendance totale d’une incarnation du collectif : l’Etat qui établi le lien social, au nom d’un principe sacré, la République et ses valeurs universelles. Il y a, depuis la Révolution française une pathologie identitaire dans ce pays et la crise qui se manifeste peut être un signe de guérison si une parole se dit publiquement. La question reste encore dans le non dit. Certains voudraient bien le maintenir en cultivant un goût du secret pour des choses essentielles et de l’invective si cela venait à se savoir. Il y en a à gauche et il y en a à droite.

A titre d’exemple de l’ambiguïté entretenue, ceux qui sacralisent la République n’ont pas réputation à être très accueillants à l’Islam et ils soupçonnent en même temps les autres qui donne la parole aux musulmans comme les autres, de vouloir le stigmatiser. Autre contradiction on nous affirme que l’identité française est bien connue (circulez il n’y a rien à voir) identifiée aux valeurs universelles de la République. En réalité cette conception fantasmatique de la République, inadéquate, est incompatible avec la notion même d’identité nationale, par anti-communautarisme sans doute. Le niveau d’abréaction émotionnelle, la contradiction patente, l’incapacité à voir l’incohérence du discours, associé à la violence de l’insulte, c’est évidemment symptomatique.

La pathologie mentale n’exclue pas une résolution skyzoïde alliant un discours négateur avec une expérience de vie plus consistante. Si la voie d’une anamnèse pour discerner la diversité des logiques en jeu au moment de la « crise de liberté » historique serait salutaire, une autre voie, plus directe, apporterait une confortation identitaire nationale bien utile au moment où il faut partager l’aventure d’une mutation de civilisation avec les autres nations, d’autres cultures et d’autres identités. C’est là que l’Humanisme méthodologique apporte des réponses nouvelles susceptibles de favoriser un progrès de conscience et de pratiques.

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