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Un projet de société l’exemple caraïbéen

Un projet de société pour la Caraïbe, le modèle Caraïbéen.

Caraïbe ou Caraïbes ? Tel est le signe emblématique de la question. UN projet, UNE société là où le pluriel se conjugue au singulier; là où une singularité commune donne sa cohérence à la multiplicité; là où la communauté rassemble toutes les singularités.
Pourquoi un projet de société ? Pour construire un devenir commun, celui de chacun dans le mouvement de tous. Un projet réclame un sujet, une identité commune, une volonté partagée, une compétence collective pour construire, orienter et poursuivre une histoire commune. Une société c’est l’organisation de la vie en commun mais pour les hommes vivre c’est devenir.

La multiplicité des terres, des origines, des cultures, des religions, des monnaies, des histoires, des langues, des modes de vie, tel est le quotidien de la Caraïbe. Ce n’est pas sans rapport avec la créolisation qu’un Edouard Glissant situait comme une singularité d’intérêt universel dans le monde qui vient. «La pensée unique frappe partout où elle soupçonne la diversité» disait-il. Mais il n’y a pas qu’une seule pensée unique, en voici des caricatures explicites qui aussi se conjuguent.

La «normalitude»
Sans doute celle qu’Edouard Glissant stigmatisait. L’universel patenté par l’exception culturelle et justifié par une (la) raison supérieure. La norme s’impose comme règle, structure, forme, dogme, avec sa vertu de conformité. Le vice c’est l’a-normalité, c’est-à-dire la différence. Le Même doit s’imposer à tout Autre. Tous les domaines de la vie commune sont structurés selon le dogme de la rationalité universelle : juridique, administrative, scientifique, éducative et son identification à la vertu. Le conformisme l’emporte sur toute créativité. Égalitarisme normatif ou étatisme ne sont pas loin.

La «bloc attitude»
Il s’agit de faire corps contre l’adversité. Tous soudés par une passion, une pulsion ou des mécanismes compulsifs de rejet, de refus, de dénonciation. L’action collective c’est «tous ensemble contre», la lutte comme principe moteur, le sentiment fusionnel comme liant de solidarité où les différences se fondent en se confondant. L’exclusion comme méthode de combat contre l’exclusion. Quelle société cela produit? Totalitarisme.

Le «chacun pour moi»
La généralisation des privilèges et des droits, sans limite commune sinon par la querelle des égos. La souveraineté revendiquée, exigée, par chaque groupe, chaque particularité, chaque individualité ne compose pas une mosaïque mais un champ d’arrangements opportunistes aux configurations variables, utilitaires. Des coalitions d’intérêts, toujours provisoires. Individualisme profiteur et revendicatif.

La communauté caribéenne en projet, l’alternative du paradigme communautaire.

Les communautés humaines sont des communautés de personnes et des communautés de communautés. Les personnes sont parties prenantes de plusieurs communautés, héritées ou choisies, petites et grandes, organisations, associations, sociétés, communes, groupes, régions, nations… Les communautés sont le seul lieu de la condition humaine où se joue le devenir de chacun et de tous.

Les principes

La communauté caribéenne est d’une culture d’archipel, une communauté de singularités dont l’autonomie dépend de celles qui la composent. Un premier enjeu de tout projet de société c’est l’autonomisation ou empowerment communautaire qui ne va pas sans celui des personnes. Identifier et différencier les communautés par leur originalité, leurs potentiels, c’est un premier travail de reconnaissance indispensable.

Cultiver les potentiels identifiés, tels sont les enjeux du projet de développement communautaire. C’est comme cela qu’une société se construit par l’édification de toutes ses parties prenantes. Encore faut-il reconnaître les richesses humaines, de compétences, de caractère, de sociabilité, de spiritualité, pour pouvoir les cultiver. Un modèle de gouvernance multi communautaire est certainement une des oeuvres majeure à accomplir ici.

Repenser l’économie comme économie communautaire, des communautés les plus petites jusqu’à la communauté caraïbe en passant par toutes les communautés qui la composent et tous les ensembles qui la structurent. S’il est centré sur la communauté le champ de l’économie n’a pas de frontières pour autant. C’est un nouveau modèle économique qui doit être inventé avec le rattachement de la valeur des biens et services aux valeurs communautaires et ces derniers au Sens du bien commun pour les évaluer.

La méthode

Les principes et les articulations posées, la méthode de l’Humanisme Méthodologique commence par l’identification des communautés parties prenantes et l’analyse des cohérences culturelles. L’identification du Sens du bien commun et des valeurs et potentiels associés en est le résultat.

La démarche se poursuit par l’ébauche d’un projet cadre, d’une ambition qui exprime le Sens du bien commun selon lequel chacun pourra se retrouver et auquel contribuer.

Ensuite vient le temps de la participation active des acteurs pour construire dans leur domaine les projets qui s’inscrivent dans le cadre précédent établi par leurs représentants.

Ce processus est celui d’une mise en mouvement et d’une participation, progressives et structurées. Il est aussi celui d’une maturation et de l’apprentissage de compétences collectives avec un nouveau type de gouvernance démocratique.

Reste à l’entreprendre, mais pour cela il faut des entrepreneurs.

Pour en savoir plus sur le paradigme communautaire :

Cet article sera publié par la revue Interf@ces de juillet 2012

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Les élus, la politique et le bien commun 1

La référence au bien commun

Nous sommes là au coeur de l’évidence et de la confusion. L’évidence c’est que le rôle des élus est de définir et mener une politique qui n’a d’autre finalité que de servir le bien commun. Rares sont les cas où le cynisme et l’attraction du pouvoir seraient les seuls véritables mobiles. Ceux qui considère que c’est fatal, surtout chez leurs adversaires, sont ceux qui n’ont que faire du bien commun sauf comme argument électoral. Ce sont ceux aussi qui insinuent que les politiques sont tous pourris, le bénéfice recherché étant de prendre un pouvoir (d’influence) à la place des politiques. Il y en a dans l’ombre des plus discrets et aussi des plus voyants.

Tout le problème c’est de savoir ce qu’est le bien commun, comment la politique y contribue et quel est alors le rôle des élus. Comme la question n’est pas posée, ne serait ce que pour maintenir dans le non dit les positions véritables alors chacun se trouve légitime à donner sa réponse et agir en conséquence. Dans le silence des principes alors les positions sont incompatibles et se traduisent soit par un camouflage des contradictions comme dans certains partis ou alors par une attaque sans merci de ceux qui ont une autre position, identifiée forcément à une menace pour le bien commun.

Si quelqu’un prend du recul il ne peut accepter de souscrire à de telles oppositions. Les français l’ont signifié à plusieurs reprises mais beaucoup n’en veulent pas démordre campant sur des positions justifiées par des arguments peu honnêtes, quelques peu arriérés ou quasi mécaniques.

Il est vrai qu’un grand problème de notre époque est la déviance individualiste et le libre arbitraire que chacun ou chaque groupe prétend exercer en prétendant incarner sans autre examen le bien commun. La gestion des apparences favorise cette (im)posture, apparences intellectuelles ou médiatiques à grand renfort d’incantations vertueuses. Parler au nom du peuple en est le signe le plus classique.

Alors le premier souci doit être de discerner le Sens donné au bien commun.

On en retiendra quatre.

– Le bien commun est la constitution et la défense d’une souveraineté collective, forcément menacée par d’autres et nécessitant la prise de pouvoir par une avant garde éclairée et bientôt par un autocrate inspiré. Bien des régimes nous ont joué cette partition, celle de la lutte et de l’accaparement de richesses comme principaux enjeux politiques. Défense et protection.

– le bien commun c’est la gestion de la situation pour en préserver la continuité et pour lequel il faut à la fois s’adapter aux contraires de l’environnement, naturel, économique et social et réduire tout ce qui peut déstabiliser les équilibres anciens. Conservation et stabilité.

– le bien commun c’est la construction de la cité idéale. Il mobilise les compétences et les moyens pour une politique de progrès sous la gouverne d’une technostructure tutélaire. Il y faut un chef d’orchestre et des équipes efficaces.

– le bien commun c’est le développement de la communauté dans le Sens de son accomplissement humain et selon toutes les composantes de la vie collective. La démocratie basée sur la maturation collective et l’appropriation des enjeux et des voies de développement propre à la communauté et sa culture en est l’un des principes essentiels.

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